Côte d’Ivoire : Sarkozy de plus en plus contesté

Posted on 21 décembre 2010

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Le porte-parole du gouvernement français, François Baroin, a affirmé mardi que « la diplomatie française et le président de la République ont été extrêmement respectueux de l’évolution, des
décisions » en Côte d’Ivoire. Il répondait ainsi aux vives critiques des populations ivoiriennes contre l’ultimatum de Sarkozy enjoignant le président réélu Laurent Gbagbo de céder le pouvoir.
Des voix s’élèvent de plus en plus en France pour dénoncer l’acharnement du Président français contre son homologue ivoirien. Selon Jean-Marie Lepen, M. Sarkozy a commis une « faute politique » par ces « rodomontades menaçantes ». Pour Dominique De Villepin, « les ultimatums ne serviront à rien » quand le Modem qualifie Sarkozy de « Monsieur maître du monde ».  Ces nouvelles condamnations font échos aux appels à la prudence  dans l’analyse de la situation politique en Côte d’Ivoire préconisés au lendemain des élections par le député français Henri Emmanelli.
L’Union africaine, par la voix de M. Jean Ping, son président, estime que « l’ingérence dans les affaires ivoiriennes est inacceptable »  tandis que l’ambassadeur de la Russie en France a exprimé la « gène » de son pays face à la volonté affichée par certains de « désigner un Président de l’extérieur ». La Chine, quant à elle, prône « le respect du droit, des institutions et exhorte toutes les parties au dialogue politique ».
Le Conseil constitutionnel ivoirien, plus haute juridiction ivoirienne chargée de donner les résultats définitifs de l’élection présidentielle avait proclamé Laurent Gbagbo, élu (51%) contre son concurrent Alassane Ouattara (48%) ; mais le chef de la mission de l’Onu en Côte d’Ivoire, en violation de son mandat, avait lui aussi déclaré sur les médias français, un autre élu, Alassane Ouattara. Depuis, Nicolas Sarkozy – avec ses pairs de l’Union européenne – tente d’imposer Alassane Ouattara à la tête de l’Etat ivoirien. Ils multiplient pour ce faire, les menaces et sanctions contre les autorités ivoiriennes.
Le Président Laurent Gbagbo, démocratiquement élu, détient l’effectivité du pouvoir d’Etat ainsi que le soutien de la majeure partie de la population, des services publics et de l’armée.

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