Côte d’Ivoire : L’Occident dans l’impasse

Posted on 21 décembre 2010

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Il semblerait que la communauté internationale soit prise à son propre piège. En prenant parti de façon péremptoire pour Ouatarra, l’ONU et les pays occidentaux sont au pied du mur.

Il était pourtant évident que le scrutin du second tour de l’élection présidentielle devait être invalidé. Des fraudes massives ont été rapportées y compris par les médias occidentaux. Dans la partie nord de la Côte d’Ivoire, toujours sous la domination de rebelles en armes, mais aussi au sud. Dans certaines régions le taux de participation était de 104 %. A l’étranger ce n’était pas mieux : à l’ambassade parisienne le scrutin a semble t-il tourné au vinaigre, à Londres il n’a pas pu se tenir.

Tout ces aspects ont d’ailleurs été très bien relatés par la presse officielle, jusqu’à la proclamation confuse des résultats de la Commission Electorale Indépendante (!). Ses membres , proches de Ouatarra, désignent naturellement ce dernier vainqueur, alors même que sur place tout le monde reconnaissait le caractère frauduleux du scrutin.

Qu’importe, il fallait que le candidat du FMI l’emporte. Dans le même temps le Conseil Constitutionnel Ivoirien proclame à son tour la victoire de Laurent Ggagbo, qui est intronisé dans le calme et la sérénité.

Puis la vie reprend son cours. Ouatarra est seul, retranché dans un hôtel. Les médias occidentaux, en particuliers français, jouent à fond la carte Ouatarra, le présentant comme un martyr face à un Gabgbo sanguinaire. La désinformation fait rage, à la télévision, à Libé (on a l’habitude), au Monde, et dans tous les organes de la presse officielle. L’UMP soutien Ouatarra, le PS se rallie à l’UMP. Les pro-Gbagbo sont de dangereux fascistes, les pro-Ouatarra des saints. Bizarrement on ne parle plus du scrutin frauduleux.

La France et l’ONU ont oublié que la Côte d’Ivoire était un pays indépendant, doté d’institutions, qui n’avait pas à se laisser dicter sa politique par des étangers. Sarkozy, avec son ultimatum, s’est à nouveau ridiculisé.

Le temps joue en faveur de Gbagbo, qui, tout en prenant des risques sur sa personne, a tout intérêt à ne pas démissionner. Gabgbo a semble t-il le soutien de la majorité de la population.

Les occidentaux, en particulier la France, qui ont pris parti en faveur de Ouatarra sont discrédités pour longtemps et n’ont plus aucun levier diplomatique pour aider à résorber cette crise.

Restent la Chine et de la Russie qui ont un rôle à jouer… aux dépens d’un occident décadent.

Article publié dans L’ÉCLAT

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