La Cédéao fait volte-face

Posted on 30 décembre 2010

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ABIDJAN – Bien qu’elle ait brandit la menace d’un recours à la force, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest va vraisemblablement s’en tenir au dialogue pour trouver une issue définitive à la crise que connaît le pays depuis le coup d’état manqué de 2002, estiment les observateurs.

Selon Peter Pham, expert de l’Afrique à la Commission américaine des Affaires étrangères  plusieurs pays membres de la Cédéao, dont le Nigeria, puissance régionale qui préside l’organisation, ne sont pas prêts à s’engager dans une opération militaire qui ne manquerait pas de se solder par de lourdes pertes.

Trois chefs d’Etats mandatés par la Cédéao, porteurs initialement d’un ultimatum au Président ivoirien l’appelant, menace à l’appui, de céder la place à l’opposant Alassane Ouattara, se sont rendus à Abidjan mardi.

Après avoir été reçus par le Président Gbagbo puis l’opposant Ouattara, les émissaires sont allés rendre compte de leur mission au président nigérian Goodluck Jonathan, qui a annoncé leur retour à Abidjan la semaine prochaine.

« Ils y retourneront le 3 janvier et l’issue de cette seconde visite déterminera la suite », a-t-il déclaré. Et d’ajouter: « Quand il y a un désaccord, c’est le dialogue qui peut le régler. Et le dialogue est en cours. »

Pour Peter Pham, aucun des Etats de la région n’a les moyens de renverser le Président réélu Laurent Gbagbo par la force.

« Aucun des Etats de la Cédéao ne dispose – loin s’en faut – des capacités nécessaires pour obtenir en temps réel les renseignements sur les faits et gestes de Gbagbo et de ses plus proches collaborateurs et encore moins des commandos d’élites capables d’effectuer une telle opération ‘de décapitation' », explique-t-il.

Depuis la réélection du Président Laurent Gbagbo (51,45%), Monsieur Ouattara, soutenu par la France et les Etats-Unis, refuse d’accepter sa défaite, replongeant le pays dans la crise.

 

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