La Gambie s’oppose fermement à l’usage de la force

Posted on 3 janvier 2011

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Le gouvernement gambien a critiqué la décision de la Cedeao de « faire usage de la force, si nécessaire » pour imposer Alassane Dramane Ouattara, perdant des présidentielles du 28 novembre dernier. « Nous réaffirmons plutôt notre engagement à participer pleinement aux initiatives pacifiques, à tous les niveaux, destinées à trouver une solution pacifique à la crise en Côte d’Ivoire », a déclaré M. Bah, Secrétaire et Directeur General de la Fonction Publique gambienne.

Le gouvernement gambien rejoint ainsi la liste des Etats, de plus en plus nombreux, qui s’opposent à l’usage de la force armée pour imposer Ouattara. Le Ghana, par la voix de son ministre de la défense, s’était déjà désolidarisé d’une telle initiative le 30 décembre dernier en refusant d’envoyer de nouvelles troupes en Côte d’Ivoire. L’Angola et l’Afrique du Sud ont marqué dès les premières heures leur soutien à la légalité constitutionnelle en reconnaissant la victoire du Président Laurent Gbagbo. La Russie, par la voix de son ambassadeur à Abuja, a estimé que la légitimité dont jouit Ouattara auprès de la communauté internationale est « douteuse jusqu’à ce qu’elle soit confirmée par le Conseil Constitutionnel ivoirien ».

Même son de cloche dans l’opinion publique. En France, l’ancien Président du conseil constitutionnel et ministre des affaires étrangères Roland Dumas, accompagné de l’avocat Jacques Vergès, « des ténors du barreau de Paris », ont dénoncé l’ingérence française et internationale en Côte d`Ivoire, apportant leur soutien au président réélu Laurent Gbagbo. Le député UMP Didier Julliard, quant à lui, a interpellé les dirigeants français sur une erreur d’appréciation dans la crise ivoirienne, tout en révélant les possibles doutes d’Alliot-Marie, Ministre des Affaires étrangères, sur la victoire de Monsieur Ouattara.

Le député sud-africain Kenneth Meshoe, Président de l’African Christian Democratic Party (ACDP), était à Abidjan dimanche en vue « de soutenir la détermination du Conseil constitutionnel ivoirien à faire respecter la loi en Côte d’Ivoire ». Au Cameroun, ce sont plusieurs intellectuels qui ont lancé l’appel de Douala pour soutenir le Président réélu Laurent Gbagbo, rejetant ainsi le recours à la force. Plusieurs intellectuels dont l’écrivaine franco-camerounaise Calixthe Beyala, le sociologue suisse Jean Ziegler, le sénégalais Pierre Sané, ancien Sécretaire Général de Amnesty International et Sous-Directeur de l’Unesco et le cinéaste mauritanien Med Hondo ont signé une pétition contre « toute intervention armée en côte d’Ivoire ».

 

 

 

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