Des intellectuels dénoncent la tentative de re-colonisation de l’Afrique noire par la France.

Posted on 6 janvier 2011

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Abidjan – Dans une contribution parue  dans le quotidien ivoirien « Fraternité matin », le journaliste Charles Onana, a déploré l’attitude des Africains dans la crise ivoirienne.

« Le suivisme servile des Chefs d’Etats africains aux consignes occidentales quant à leur prise de position » dans cette crise donne selon lui, l’image « de personnalités faibles, très influençables et pas très autonomes dans leurs décisions. »

Pour le journaliste, cet acharnement précipité contre le Président Laurent Gbagbo semble suspect. « Mon expérience de l’interminable crise des grands lacs m’autorise à douter sérieusement du fait que les élections sont véritablement la raison principale de l’attention que toutes les grandes puissances et l’ONU portent aujourd’hui à la Côte d’Ivoire. »

Le 20 décembre , une cinquantaine d’intellectuels africains a dénoncé, dans un « appel de Douala », l’opération de déstabilisation de la Côte d’Ivoire par la France, appuyée par certains Etats africains.

Le Tchadien Allangomaji Hony vivant en Côte d’Ivoire, affirme que l’Elysée programme des rébellions en Afrique dans le but de  remplacer les présidents élus par le peuple par des personnalités qui lui sont favorables, citant l’exemple de son pays d’origine.

D’autres personnalités africaines et européennes dont le politologue Michel Galy, le sociologue suisse Jean Ziegler, ont appelé à la fin de ces actions contre l’Afrique noire, qui pourraient avoir des répercussions catastrophiques dans la sous-région.

Le Conseil constitutionnel , plus haute juridiction ivoirienne chargée de donner les résultats définitifs de l’élection présidentielle a proclamé Laurent Gbagbo, élu (51, 45%) contre son adversaire Alassane Ouattara (48%). Le chef de la mission de l’Onu en Côte d’Ivoire, en violation de son mandat, a , pourtant déclaré  élu, Alassane Ouattara replongeant ainsi le pays dans une grave crise.

Depuis, les pays africains subissent diverses pressions  visant à les les aligner sur la position française. La Cédéao a même , de prime abord, menacé le Président réélu Laurent Gbagbo, de le renverser par la force, avant de se raviser  lorsque ses émissaires ont pris connaissance de la réalité du dossier ivoirien.

Le Président Laurent Gbagbo reste le détenteur exclusif du pouvoir, la majeure partie de la population, l’armée, l’administration et toutes les institutions du pays l’ayant reconnu.