Crise Ivoirienne : A Lille, les Africains manifestent pour une solution pacifique

Posted on 10 janvier 2011

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Lille – Les Ivoiriens de France ont manifesté ce samedi 8 « contre l’ingérence de la France – et de la communauté internationale – dans la crise ivoirienne ».

Strasbourg, Nantes, mais aussi Lille. Dans le Nord, le parti socialiste est accusé d’avoir lâché le « camarade » (socialiste) Gbagbo au profit de la communauté internationale. Et pour faire entendre leurs voix, les organisateurs du sit-in l’ont fait bruyamment.

Vuvuzela, tam tam, mégaphone, cris de joie, chants et danses. La « Place de la République » de Lille a connu une ambiance électrique. La centaine d’Ivoiriens tenait à interpeller le Parti socialiste dont la première secrétaire, Martine Aubry, est Maire de la ville. «Ce n’est pas à la France, ni même au Parti socialiste de (nous) donner des leçons », s’insurge un manifestant visiblement en colère.

La solidarité à l’Africaine

Les slogans sont unanimes. « Non à l’ingérence dans les affaires des Etats, non à la guerre en Afrique », « Problèmes ivoiriens = solutions ivoiriennes ». Sur toutes les lèvres des manifestants (venus pour d’autres de Paris), le refrain est le même.

Pour ces Ivoiriens, seule la voix du conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire devrait compter. «Et s’il y avait un quelconque contentieux électoral, c’est aux Ivoiriens de le régler. A personne d’autre ! », lance Guy Alovor, médecin béninois, avant d’ajouter : «aujourd’hui c’est la Côte d’Ivoire, demain ça peut être dans un autre pays africain».

Comme lui, des « amis africains » ont tenu à être présents à Lille pour manifester leurs solidarités mais aussi leurs colères. Algériens, Camerounais, Guinéens, Marocains, Togolais et Tunisiens, les délégations étaient représentées par dizaine pour porter un même message : «Oui, au respect des institutions des pays Africains ».

«La souveraineté d’un pays ne se négocie pas », lance Honorine Ganhoulé, Ivoirienne vivant à Lille. Pour les manifestants, il faut faire entendre la voix de la raison aux puissances occidentales. «Nous pensons que le règlement de la crise doit se faire dans un cadre pacifique», souhaite Cébastien Gnahoré président de la Communauté ivoirienne du Nord-Pas de Calais.

Dans les discours qui se succèdent, la thèse du « complot international » revient souvent. «La France veut protéger par tous les moyens ses réseaux françafricains. Nous ne devons pas laisser une telle attitude prospérer ni en Côte d’Ivoire ni ailleurs en Afrique. La France doit partir », réclame Saïd Bouamama, Algérien, convaincu que leur solidarité est utile. «Nos destins sont liés », ajoute t-il.

« En soutenant les Ivoiriens, nous avons par la même occasion une chance réelle de sonner le glas et la fin imminente de la Françafrique et de toute forme d’exploitation contraire aux principes et aux intérêts du peuple Africains où qu’il se trouve », renchérit l’un des responsables de « Anibwe Group », un collectif qui entend davantage s’investir pour mobiliser un maximum de personne autour du slogan : «Hier le Rwanda, aujourd’hui la Côte d’Ivoire, France, Onu dehors ! ».