Toumodi, base arrière de l’attaque d’Abidjan

Posted on 26 janvier 2011

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Une réunion nocturne dite de préparation « d’attaque » s’est tenue à Toumodi, précisément au quartier Toumodikro et a vu la participation de certaines autorités politiques du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pou la Démocatie et la Paix), de l’Onuci (Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire), de la Licorne et des militaires de la rébellion. Les conclusions de cette réunion sont contenus dans un compte-rendu dont Directscoop a eu copie.

Selon ce compte rendu, la rencontre a vu la participation de personnalités proches d’Alassane Ouattara, candidat malheureux au second tour des présidentielles de novembre 2010.

 » M. Allah Kouadio Rémi, Tamini Adjoua N’Go Louise (Responsable Rdr du département de Toumodi), M. Amon Tanoh Marcel, M. Hamed Bakayoko, Mme Traoré Karidia, M. Hamadoun Touré, M. Patrice Kouamé (Président du Conseil Général de Toumodi), le Commandant adjoint de la Licorne, M. Chérif Ousmane et certains chefs rebelles, le proviseur du lycée moderne de Toumodi », indique le document.

A l’issue de la réunion de nombreuses décisions (que Directscoop avait révélées à moitié, ndlr) ont été arrêtés.

La première est de « chasser de Toumodi et si possible, assassiner toutes les autorités ou personnes susceptibles de faire échouer ou faire obstacle à l’action de la prise de Toumodi par la rébellion (Commissaire de police, Commandant de brigade, Secrétaire Général de préfecture, Présidente de tribunal, etc.) ».

« En clair; il s’agit d’attaquer simultanément Toumodi, Yamoussoukro et Tiébissou. Prendre ces trois villes, ou à défaut, prendre vaille que vaille, Toumodi qui devra servir de base arrière à la rébellion, Bouaké étant loin d’Abidjan et ne permettant pas de mieux coordonner les actions et isoler Yamoussoukro et la couper d’Abidjan », explique une source bien introduite dans le dossier.

« Lors de l’attaque, le commissariat de police et la gendarmerie devront être incendiés et les Fds, pourchassés, assassinés et boutés hors de la ville pour l’installation de la rébellion des fafn. Aussi, la population devra sortir massivement, lors de l’attaque, sur les axes Toumodi-Abidjan, Toumodi-Oumé, Toumodi- Dimbokro et si possible Toumodi-Yamoussoukro si cette ville n’a pu être prise par la rébellion, ceci, en vue d’empêcher les Fds de venir en renfort a leurs frères de Toumodi en difficulté. Les chefs de village sur ces axes devront sensibiliser et mobiliser leur population à cet effet ».

Le document retraçant les grandes lignes de la réunion qui a eu lieu à Toumodi revèle que « des rebelles sont déjà prédisposés au domicile d’Allah Kouadio (certains chefs de guerre et éléments de l’Onuci), dans les villages Lallièkro, Tontonou, village situé entre Tontonou et Kpouèbo (village très dangereux, habité par des malfaiteurs), Zahakro, Dougba, N’doukahankro, Kouamé Bonou (il y a un stock d’armes lourdes dans un campement loin du village), Abli, dans les quartiers Mossikro, cimetière des musulmans ».

L’une des stratégies qui sera utilisée pour l’attaque, sera l’organisation d’une marche insurrectionnelle, avec pour cible, les services de l’Etat « et lorsque les Fds voudront intervenir pour rétablir l’ordre (les manifestants seront tellement violent que les Fds se verront dans l’obligation de tirer), et les rebelles, déjà actionnés, entreront en scène, et poursuivront le massacre jusqu’à la prise de la ville ».

« Les domiciles des Fds devront être indiqués aux rebelles », souligne le document qui selon nos sources a été transmis par mail à des pays étrangers et aux forces « impartiales » présentes en Côte d’Ivoire. La date approximative de l’attaque est aussi mise au grand jour. Elle devra intervenir « avant le samedi prochain, 29 janvier 2011, ou à défaut, juste après la réunion de l’Ua, pour avoir un semblant de feu vert à l’option militaire ».

Tous les villages du département, et surtout ceux sur les grands axes, « devront ériger des barrages et soutenir activement la rébellion, des jeunes dans les villages sont recrutés à cet effet, par un certain Jean-Marie (fils de la responsable Rdr de Toumodi) ».

L’identité des personnes qui seront les premières cibles est connue. « Le Président Gbagbo sera assassiné dans une embuscade qui lui sera tendu à Cocody par un commando composé d’éléments de la Licorne, du Nigéria, des américains, des burkinabés ».

Pour les auteurs,  » le Président Gbagbo devra être assassiné coûte que coûte et avec lui, la Première Dame Simone Gbagbo, le Ministre Blé Goudé Charles, le Dg Gossio Marcel, les Généraux Mangou, Kassarate, Guiai Bi Poin, Dogbo Blé et  les Généraux et Officiers Supérieurs favorables au Président Gbagbo, tous les Ministres de l’actuel gouvernement, le Premier ministre Aké N’Gbo, M. Dacoury Tabley, M. Djedji Amondji Pierre, M. Diagou Gomont, tous les hauts cadres apportant appui et soutien sans faille au Président Gbagbo, Mme BRO Grébé, M. Affi N’Guessan ».

L’attaque d’Abidjan révélée par Directscoop, pourrait partir de Toumodi, une fois cette ville est prise. « Les attaques se feront simultanément du côté d’Agboville et de Dabou, en même temps que les villes de Daloa et San Pedro, avec une grande participation de l’Onuci et de la Licorne qui prédisposent les armes sur tous les points d’attaque et dans différents villages ».

« Les combattants sont ivoiriens, nigérians, burkinabés, sénégalais, libériens », précise le document. qui souligne que « 1500 combattants sont déjà disposés à Toumodi et que l’Onuci (opération des Nations unies en Côte d’Ivoire) entraine au maniement de nouvelles armes les combattants ».

« Le Président Gbagbo devra partir, peu importe la situation, et il devra être assassiné, quoi qu’il en soit, parce qu’il est mauvais, méchant, Satan, contre les Baoulé » rappelle la source ajoutant que « l’Ecomog est déjà à Bouaké et attend certains équipements pour passer à l’action qui devra intervenir dans l’intervalle du 26 janvier au 6 février 2011 ».

Le dernier volet de cette réunion portait sur les casses des prisons de Toumodi et Dimbokro pour que « les prisonniers, déjà informés, appuient les rebelles dans les combats, et attaquer la Maca (maison d’arrêt et de correction d’Abidjan) pour libérer les prisonniers ».

Une « prochaine réunion » est prévue « lorsque tout sera prêt pour l’attaque, afin de dire aux populations comment elles doivent se tenir pour ne pas entraver les actions et déplacements de rebelles ».

Selon une source militaire jointe par téléphone, toutes les informations sont parvenues aux « Grand commandement » des Forces de défense et de sécurité.

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