Côte d’ivoire : les tenants de l’option militaire ne démordent pas.

Posted on 23 février 2011

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Nairobi- « Un recours à la force pour chasser  le président Laurent Gbagbo du pouvoir est toujours envisagé en cas d’échec de tout changement de régime pacifique », a déclaré mercredi le premier ministre Kényan Raïla Odinga.

« Le régime de Laurent Gbagbo commence à ressentir l’effet des sanctions économiques prises à son encontre. Si toutes les démarches entreprises par le panel ne suscitent pas un changement de régime en Côte d’Ivoire, alors bien sûr la force sera utilisée », a estimé le premier ministre Kényan lors d’une conférence de presse à Nairobi consacrée par ailleurs à la visite de la ministre française de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet.

Une déclaration qui intervient alors que le panel des chefs d’états Africains n’a pas encore donné les résultats de sa missions à Abidjan.

Après l’échec de sa médiation, le Premier ministre Kényan avait effectué des visites dans certains pays d’Afrique en vue d’obtenir des ralliements à l’option militaire pour déloger le président Laurent Gbagbo.
L’intervention de Raïla Odinga fait suite à la défection à Abidjan du Président Burkinabé l’un des soutiens actifs de l’option militaire.

La Cédéao dont certains états membres soutiennent également cette même option avait mardi par un communiqué, contesté le maintien de la mission du panel à Abidjan en l’absence du président Burkinabé.

En Côte d’Ivoire même, la rébellion pro-Ouattara a invité « tous les jeunes hommes et femmes en âge et en état de combattre » à s’organiser en des « cellules autonomes de 3 à 5 personnes » en vue de mener des attaques ciblées contre les Forces de Défense et de sécurité.

« Ce travail de noyautage coordonné par le Capitaine Nêguê doit se faire sur toutes les villes », stipule la consigne. « Les mots d’ordre suivront », poursuit ce message destiné aux militants du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP, coalition de partis politiques ayant soutenu la candidature d’Alassane Ouattara).

Selon une source militaire, cette méthode s’apparente aux méthodes « terroristes ».

« Une structuration et un fonctionnement en réseau de cellules plus ou moins autonomes aux ordres d’une hiérarchie quelque peu pyramidale », résume notre source. « C’est du terrorisme urbain », estime un habitant d’Abobo, quartier d’Abidjan où sévissent depuis plusieurs semaines ces « cellules ».

Plusieurs pays africains s’opposent à l’option militaire préconisée par l’Occident et notamment la France, pour le règlement de la crise ivoirienne. L’Afrique du Sud, l’Angola, la Gambie, le Cap-Vert, le Ghana, la République Démocratique du Congo, le Bénin de même que la Russie, la Chine, le Brésil ont déjà manifesté leurs désaccords quant à l’usage de la force dans la crise que connaît la Côte d’Ivoire.

Depuis la réélection du Président Laurent Gbagbo avec 51,45%, la France tente d’imposer sans succès son adversaire Alassane Ouattara, un proche de Nicolas Sarkozy. Elle multiplie les ultimatums et autres sanctions par l’entremise de l’Union Européenne, préconisant une intervention armée de la CEDEAO qu’elle est prête à soutenir.