Burkina Faso/ Koudougou : 5 morts dans une manifestation d’élèves violemment réprimée

Posted on 25 février 2011

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KOUDOUGOU- Des manifestations d’élèves et d’étudiants du mercredi et du jeudi, au Burkina Faso ont fait cinq morts, a-t-on-appris d’une source policière.

Ces manifestations qui ont débuté mercredi se sont presque généralisées dans la capitale du Burkina. Les élèves et étudiants des villes de POA, de Ouagadougou par soutient à leurs camarades de Koudougou ne se sont pas fait prier pour rejoindre les manifestations jeudi matin. Pour faire face à la fronde, le gouvernement a décidé de fermer toutes les écoles jusqu’au 1er mars.

Le gouvernorat dont le mur avait cédé à l’assaut des manifestants a été incendié et des véhicules administratifs ont également brulés.

Des témoins racontent que des casseurs ont pris le relais des élèves et des étudiants dans l’après-midi de mercredi. La section locale de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNND) de Me Hermann Yameogo, dont c’est le fief a fait une déclaration dans laquelle il fustige le comportement des forces de l’ordre. Il réclame une commission d’enquête composée uniquement d’étudiants, d’élèves, de parents des victimes, de journalistes, pour investiguer sur tous les faits, objet de ce conflit, dans le but de situer les niveaux de responsabilité.

« L’UNND réprouvent catégoriquement les insinuations mensongères tendant à induire dans les esprits qu’en raison de ses prises de position par rapport à la Côte d’Ivoire, d’avoir commandité cette révolte. Les seuls qui ont instrumentalisé, sont ceux qui ont mal géré le dossier », a déclaré Me Yaméogo.

Me Hermann Yaméogo qui s’attribue la victoire de la présidentielle du 21 novembre 2010, et à qui l’on reproché d’être très proche du président ivoiriens Laurent Gbagbo, est accusé par les autorités Burkinabé d’avoir manipulé à des fins politiques les manifestations du mercredi et du jeudi à Koudougou, son fief.

Cette autre manifestation intervient alors que  vendredi  18 février à la maison d’arrêt  et de correction de Ouagadougou (MACO),  une mutinerie avait éclaté au cours de laquelle le capitaine Luther Ouali, cerveau présumé du coup d’état  manqué de 2004 contre le président Compaoré s’est évadé. Le procureur du Faso près le tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Placide Nitchièma a pour sa part estimé  « qu’aucun détenu ne s’est évadé » et que « ces tirs ont entrainé des blessures légères » sur un détenue.