Côte d’Ivoire/ Port-Bouet : Un contingent des forces Françaises bloqué par des étudiants

Posted on 2 mars 2011

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ABIDJAN – Les étudiants de la cité universitaire de Port -Bouët3, sont sortis massivement mercredi après- midi pour empêcher la progression des chars français,  a constaté un journaliste de DirectScoop.

Les soldats  français de la Licorne qui revenaient de Grand-Bassam,  faisaient mouvement vers le camp français du 43è Bataillon d’Infanterie de Marine  Aéroporté (BIMA), ont été empêchés de progresser, par des étudiants assis à même le sol sur la voie internationale de Port-Bouët, située en face de la cité Universitaire.

Le face à face a duré près d’une heure. Les soldats de la Licorne, face à la détermination des étudiants restés sur leur position, ont d’abord dégainé leurs armes et procédé  à une démonstration aérienne avant de lancer des bombes lacrymogènes pour  les disperser. Profitant ainsi  de la débandade créée, les chars français ont pu forcer le passage.

Les populations ivoiriennes dénoncent de plus en plus le soutient avéré  des forces de la Licorne et de l’ONUCI en faveur de la rébellion pro-Ouattara. Elles expriment leur désapprobation par des actions visant à empêcher le déplacement  de ces forces dans le district d’Abidjan.

Les autorités douanières du port autonome d’Abidjan avaient  découvert jeudi 20 janvier un arsenal militaire appartenant à la force Licorne « en lieu et place de produits alimentaires destinés à la consommation ».

Des munitions non déclarées par les forces françaises de l’opération Licorne avaient déjà été saisies début décembre au Port Autonome d’Abidjan. Des éléments du COS (Centre des Opérations Spéciales) – unité d’élite française – présents à Abidjan en prélude à une « attaque », avaient été repérés début janvier dans la capitale ivoirienne.

La France joue un rôle de premier plan dans la crise que vit le pays depuis 2002. Prétextant d’un conflit ivoiro-ivoirien, Paris refusa d’intervenir aux côtés de l’armée ivoirienne agressée par la rébellion armée proche de Ouattara.

La force Licorne, sous le couvert d’une opération d’évacuation des ressortissants français en Côte d’Ivoire, s’est finalement interposée entre les forces belligérantes pour empêcher toute reconquête du territoire national par l’armée ivoirienne.

En 2004, prétextant du décès d’une dizaine de ses hommes dans le bombardement des positions rebelles à Bouaké, la France ordonne la destruction des aéronefs de l’aviation militaire ivoirienne. Les éléments de la Licorne et du 43ème BIMA avaient alors occupé les points stratégiques d’Abidjan et tiré sur des civils non armés, faisant 64 morts et plus de 2000 blessés.

Depuis la réélection du Président Laurent Gbagbo avec 51,45%, la France tente d’imposer sans succès son adversaire Alassane Ouattara, un proche de Nicolas Sarkozy. Elle multiplie les ultimatums et autres sanctions par l’entremise de l’Union Européenne, préconisant une intervention armée de la CEDEAO (Ecomog) qu’elle se dit prête à soutenir.