Burkina Faso : L’école dans la tourmente

Posted on 7 mars 2011

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OUAGADOUGOU – Le gouvernement qui avait suspendu les cours dans tout le territoire après les violentes manifestations a annoncé samedi, la reprise des cours lundi 7 mars 2011.

Selon une source proche du dossier, Le gouvernement a mis à profit ce temps de fermeture  pour essayer d’éteindre les foyers de tension. Une délégation composée de ministres est allée présenter les condoléances aux familles des victimes à Koudougou, la ville d’où étaient parties les manifestations des élèves.

En marge de cette mesure du gouvernement Burkinabé,  l’association nationale des étudiants du Burkina (ANEB), le puissant syndicat d’élèves et étudiants du pays, a annoncé une marche pacifique mercredi 9 mars à Ouagadougou.

Pour baisser la tension sur le terrain le responsable régional de la police et celui des enseignements ont été limogés. Le gouvernement avait aussi ordonné l’arrestation des policiers mis en cause dans la mort des manifestants.

Le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) avait déploré, lundi  1er mars à l’issue d’une réunion d’urgence consacrée aux évènements de Koudougou.

Le Syndicat National des Avocats du Faso (SYNAF) par la voix de son Secrétaire Général, Maître Batibié BENAO, a dénoncé jeudi 3 février « la complaisance et le laxisme de l’Etat » face aux «abus grossiers des agents de police » qui avaient causé le décès du jeune élève Justin Zongo.

Les écoles et universités étaient restées fermées  « jusqu’à nouvel ordre » selon un communiqué du gouvernement. Le gouverneur de la région du centre-Ouest et un haut responsable de la police avaient été relevés de leurs fonctions suite aux manifestations d’élèves et étudiants du 24 février qui ont fait 5 morts.

Ces manifestations qui avaient débuté le 23 février s’étaient étendues le lendemain à la capitale. Les élèves et étudiants des villes de Poa et de Ouagadougou par soutien à leurs camarades de Koudougou, avaient rejoint la manifestation.

L’opposant Hermann Yaméogo qu’on dit proche du Président ivoirien Laurent Gbagbo, avait été  accusé par les autorités Burkinabé d’avoir manipulé à des fins politiques les manifestations dans son fief de Koudougou, lui-même ayant demandé une enquête sur les circonstances du décès des élèves tués.

Cette autre manifestation intervenait alors que le 18 février à la Maison d’Arrêt  et de Correction de Ouagadougou (MACO) éclatait une mutinerie. Certaines sources ont annoncé l’évasion du capitaine Luther Ouali, cerveau présumé du coup d’état  manqué de 2004 contre le Président Compaoré. Une information démentie par le procureur du Faso près le tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Placide Nitchièma qui a affirmé « qu’aucun détenu ne s’était évadé », reconnaissant « des blessures légères » par balles sur un détenu.