Côte d’Ivoire/Cacao : l’Etat prend le contrôle de l’achat et de l’exportation (Gbagbo)

Posted on 7 mars 2011

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ABIDJAN – Le président ivoirien Laurent Gbagbo a décrété lundi la prise de contrôle par l`Etat de l`achat et de l`exportation de cacao, dont le pays est premier producteur mondial, alors que ces activités étaient jusque-là dominées par des multinationales.

Engagé dans un bras de fer avec Alassane Ouattara, candidat malheureux après le scrutin de novembre, Le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo tente ainsi de contrer la paralysie de la filière cacao, entraînée en particulier par les sanctions économiques de l`Union européenne, notamment l`embargo de fait sur les ports d`Abidjan et San Pedro (ouest), premier port d`exportation de cacao au monde.

Selon une ordonnance lue sur la télévision publique RTI, « l`achat du café et du cacao aux producteurs et aux groupements de producteurs s`effectue » désormais « exclusivement par l`Etat sur l`étendue du territoire national ». Cet achat s`opère « suivant un prix déterminé par l`Etat en début de chaque période de vente », indique le texte.

« L`exportation des produits de la filière café-cacao est effectuée par l`Etat, par toute personne morale mandatée par l`Etat ou titulaire d`un agrément en qualité d`exportateur », stipule encore l`ordonnance. « Les exportateurs agréés s`approvisionnent en fèves de cacao et en café vert auprès de l`Etat ou de toute personne morale mandatée par l`Etat », précise-t-on.

Avec l’appui de l’Onu, de l’Union européenne et de la France, l’opposant Ouattara a demandé fin janvier l`arrêt des exportations de cacao, un appel contre lequel les planteurs ont manifesté en brûlant des sacs de cacao devant le siège de l’Union européenne à Abidjan.

Le café et le cacao représentent 40% des recettes d`exportations de la Côte d`Ivoire et environ 20% de son PIB. Alors que la crise post-électorale a été marquée depuis mi-février par une flambée de violences, à Abidjan et dans l`ouest en particulier, la bataille se

poursuit parallèlement sur le terrain économique. La prise de contrôle de la filière cacao par le gouvernement ivoirien intervient après la  « nationalisation » en février, de deux filiales ivoiriennes des banques françaises BNP Paribas et Société générale qui avaient pris la décision de suspendre leurs activités sur tout le territoire ivoirien sans aucun préavis. Le gouvernement en réagissant à cette attitude avait décidé de nationaliser ces banques pour «  sauver les emplois des agents et l’épargne des clients ».

Le président français Nicolas Sarkozy, multiplie les actions en vue d’asphyxier financièrement la Côte d’Ivoire au moment où l’option armée qu’il préconisait a été quasiment rejetée par la communauté internationale. Il espère ainsi obtenir le départ du président Laurent Gbagbo pour imposer l’opposant Alassane Ouattara, un de ses proches.

Refusant sa défaite constatée par le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de proclamer les résultats définitifs des élections présidentielles, Alassane Ouattara depuis son QG du Golf Hôtel où il est retiré avec l’ONUCI, la force  française Licorne et ses miliciens rebelles, tente de renverser le gouvernement  de Côte d’Ivoire.

 

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