Burkina Faso : A la veille d’une marche d’élèves et d’étudiants, Ouagadougou retient son souffle

Posted on 8 mars 2011

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OUGADOUGOU – En prélude à la grande marche pacifique prévue pour mercredi, certaines villes du Burkina Faso étaient mardi en effervescence, a constaté un correspondant de DirectScoop.

Les journées du 7 et du 8 mars ont été  mouvementée partout dans le pays. Une dizaine de localités ont enregistré des manifestations plus ou moins violentes.

La révolte est montée en puissance et fait tache d’huile dans les villes de Bobo Dioulasso, Koudougou, Gaoua, Fada Gourma, Tengodogo, Pô et Léo et Dori.

Un communiqué du gouvernement a fait état de commissariats incendiés,  d’édifices publics vandalisés, de barricades érigées, des grèves et marches organisées.

Des actes qualifiés de dérives inacceptables, par le gouvernement qui hausse le ton la veille de la manifestation des élèves.

« Le gouvernement rappelle que nous sommes dans un Etat de droit. Les manifestations sont autorisées si elles respectent les dispositions de la loi. Par conséquent, le gouvernement prendra ses responsabilités pour que cessent ces agissements contraires aux règles qu’impose l’Etat de droit à chaque citoyen ».

L’association nationale des étudiants du Burkina (ANEB), puissant syndicat d’élèves et étudiants du pays, avait  annoncé une marche pacifique pour le mercredi 9 mars à Ouagadougou.

Afin de baisser la tension sur le terrain le responsable régional de la police et celui des enseignements ont été limogés. Le gouvernement avait aussi ordonné l’arrestation des policiers mis en cause dans la mort des manifestants.

Le Syndicat National des Avocats du Faso (SYNAF) par la voix de son Secrétaire Général, Maître Batibié BENAO, avait dénoncé jeudi 3 février « la complaisance et le laxisme de l’Etat » face aux «abus grossiers des agents de police » qui avaient causé le décès du jeune élève Justin Zongo.

Les écoles et universités étaient restées fermées  « jusqu’à nouvel ordre » selon un communiqué du gouvernement. Le gouverneur de la région du centre-Ouest et un haut responsable de la police avaient été relevés de leurs fonctions suite aux manifestations d’élèves et étudiants du 24 février qui ont fait 5 morts.

Ces manifestations qui avaient débuté le 23 février s’étaient étendues le lendemain à la capitale. Les élèves et étudiants des villes de Poa et de Ouagadougou par soutien à leurs camarades de Koudougou, avaient rejoint la manifestation.

Cette autre manifestation intervenait alors que le 18 février à la Maison d’Arrêt  et de Correction de Ouagadougou (MACO) éclatait une mutinerie. Certaines sources ont annoncé l’évasion du capitaine Luther Ouali, cerveau présumé du coup d’état  manqué de 2004 contre le Président Compaoré. Une information démentie par le procureur du Faso près le tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Placide Nitchièma qui a affirmé « qu’aucun détenu ne s’était évadé », reconnaissant « des blessures légères » par balles sur un détenu.