Côte d’Ivoire : 60 familles, otage des « terroristes » pro-Ouattara (UNHCR)

Posted on 8 mars 2011

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GENEVE – « Environ 60 familles sont toujours prises au piège dans une église et des combattants les empêcheraient de partir », a révélé Adrian Edwards, porte –parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) lors d’une conférence de presse tenue mardi au Palais des nations à Genève.

Selon le HCR, « environ 200 000 à 300 000 personnes ont été déplacées à Abidjan», notamment à Abobo où les rebelles pro-Ouattara se livrent à des attaques « terroristes » sur les populations.  « 70 000 personnes dans l’ouest du pays » ont dû aussi fuir pour le Liberia, les combats récents ou en cours dans l’Ouest du pays.

Les rebelles pro-Ouattara ont mené dans la nuit du dimanche au lundi un raid dans le village d’Anokoi-Kouté situé dans la commune d’Abobo. Selon le gouvernement ivoirien, cette attaque a fait « 3 morts », dont un brûlé vif.  Le bilan serait plus lourd selon des témoins. L’on a enregistré également une trentaine de blessés, dont des amputés.

La star américaine Angelina Jolie, ambassadrice de bonne volonté pour le HCR avait appelé le 2 mars à la protection des civils dans le conflit ivoirien alors que l’organisation  révélait la veille sur son site la « prise en otage » des populations civiles par les rebelles pro-Ouattara qui les empêchent de sortir, les obligeant parfois à «donner de l’argent ou des effets personnels avant d’être autorisées à partir».

Le HCR a suspendu par ailleurs ses activités dans l’ouest du pays en raison de l’insécurité née de l’attaque par les rebelles pro-Ouattara des positions tenues par les Forces de Défense et de Sécurité le 23 février.

Depuis le déclenchement de la rébellion pro-Ouattara en septembre 2002, « c’est la toute première fois que la ville d’Abidjan, connaît le phénomène des déplacés internes », note un observateur.

La rébellion pro-Ouattra a occasionné entre 2002 et 2007, plus de 1 million 700 mille déplacés internes selon les chiffres officiels du gouvernement et des agences du système des Nations Unies.

Ce chiffre pourrait être revu à la hausse, estiment des spécialistes, en raison des violences enregistrées ces derniers mois à Duékoué, Bangolo, Lakota, Divo et Vavoua mais surtout, à cause de la reprise de la guerre sur les fronts ouest (Zouan-Hounien, Bin-Houyé, Toulepleu), Centre (Tiébissou, Yamoussoukro) et Sud (Abidjan).

Refusant sa défaite constatée par le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de proclamer les résultats définitifs des élections présidentielles, Alassane Ouattara depuis son QG du Golf Hôtel tente, en complicité avec l’ONUCI (Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire) et la Licorne (armée française) de renverser le gouvernement ivoirien.