Burkina Faso : La grande marche pacifique reportée. Le pays toujours à feu

Posted on 9 mars 2011

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OUAGADOUGOU – La grande marche pacifique prévue pour mercredi à Ouagadougou a été reportée au vendredi a constaté un correspondant de DirectScoop.

Un report dû essentiellement à un souci d’organisation selon les initiateurs de cette marche. Prévue pour être une marche des élèves et des étudiants, cette grande manifestation a suscité l’intérêt de certaines couches de la société civile Burkinabé qui ont exprimé leur intention d’y  prendre part .

En dépit de ce report, les cours restent toujours suspendus dans certaines localités. Des troubles ont aussi été signalés dans plusieurs villes du pays.

A Ouahigouya – Au Nord du pays, à 190 km de Ouagadougou- le commissariat de police, le conseil régional et la résidence du gouverneur ont été incendiés par les manifestants.

A Koudougou, Kaya, et Kongouassi, de longues files à perte de vue, noires de monde ont arpenté les grandes artères pour réclamer justice au sujet de la mort du jeune Justin Zongo.

Les journées des 7 et 8 mars avaient été  mouvementées partout dans le pays. Une dizaine de localités ont enregistré des manifestations plus ou moins violentes.

La révolte est montée en puissance et fait tâche d’huile dans les villes de Bobo- Dioulasso, Koudougou, Gaoua, Fada Gourma, Tengodogo, Pô, Léo et Dori.

Un communiqué du gouvernement fait état de commissariats incendiés,  d’édifices publics vandalisés, de barricades érigées, des grèves et marches organisées.

Des actes qualifiés de « dérives inacceptables », par le gouvernement qui a haussé le ton en promettant de prendre « ses responsabilités ».

L’association nationale des étudiants du Burkina (ANEB), puissant syndicat d’élèves et étudiants du pays, avait  annoncé une marche pacifique pour le mercredi 9 mars à Ouagadougou.

Afin de baisser la tension sur le terrain le responsable régional de la police et celui des enseignements ont été limogés. Le gouvernement avait aussi ordonné l’arrestation des policiers mis en cause dans la mort des manifestants.

Le Syndicat National des Avocats du Faso (SYNAF) par la voix de son Secrétaire Général, Maître Batibié BENAO, avait dénoncé jeudi 3 février « la complaisance et le laxisme de l’Etat » face aux «abus grossiers des agents de police » qui avaient causé le décès du jeune élève Justin Zongo.

Les écoles et universités étaient restées fermées  « jusqu’à nouvel ordre » selon un communiqué du gouvernement. Le gouverneur de la région du centre-Ouest et un haut responsable de la police avaient été relevés de leurs fonctions suite aux manifestations d’élèves et étudiants du 24 février qui ont fait 5 morts.

Ces manifestations qui avaient débuté le 23 février s’étaient étendues le lendemain à la capitale. Les élèves et étudiants des villes de Poa et de Ouagadougou par soutien à leurs camarades de Koudougou, avaient rejoint la manifestation.

Cette autre manifestation intervenait alors que le 18 février à la Maison d’Arrêt  et de Correction de Ouagadougou (MACO) éclatait une mutinerie. Certaines sources ont annoncé l’évasion du capitaine Luther Ouali, cerveau présumé du coup d’état  manqué de 2004 contre le Président Compaoré. Une information démentie par le procureur du Faso près le tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Placide Nitchièma qui a affirmé « qu’aucun détenu ne s’était évadé », reconnaissant « des blessures légères » par balles sur un détenu.