Crise Ivoirienne: Réunion du panel à Addis-Abeba en prélude aux conclusions contraignantes

Posted on 9 mars 2011

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ADDIS-ABEBA – La mission de haut niveau mandatée par l’Union Africaine pour trouver une issue pacifique à la crise ivoirienne a entamé mercredi sa réunion à Addis-Abeba, en prélude jeudi à celle du conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, a constaté DirectScoop.

Les conclusions du panel doivent être soumises jeudi à la réunion du conseil de paix et de sécurité.

Les cinq présidents membres de ce « panel » – Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), Jacob Zuma (Afrique du Sud), Jakaya Kikwete (Tanzanie), Idriss Deby Itno (Tchad) et Blaise Compaoré (Burkina Faso)- étaient présents à cette réunion au siège de l`UA en Ethiopie.

Le président ivoirien Laurent Gbagbo a préféré rester au pays « en raison de la dégradation de la situation sécuritaire interne » et se faire représenter par le premier ministre Pascal Affi N’guessan et le ministre des affaires étrangères Alcide Djédjé.

Le panel, attendu en vain vendredi 4 mars à Abidjan, avait mandaté Jean Ping- Président de la Commission de l’Union africaine- pour porter une invitation au président Laurent Gbagbo et l’opposant Alassane Ouattara à Addis-Abeba.

A l’issue d`une réunion à Nouakchott, le panel, présidé par Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), avait appelé vendredi à « l`arrêt immédiat des tueries » alors que le pays connaissait depuis deux semaines une flambée de violences.

La rébellion pro-Ouattara avait multiplié et intensifié les attaques contre les forces républicaines sur les fronts ouest (Zouan-Hounien, Bin-Houyé, Toulepleu, Duékoué), Centre (Tiébissou, Yamoussoukro, Daoukro) et Sud (Abidjan).

Selon des observateurs, les miliciens rebelles pro-Ouattara confirmaient ainsi sur le terrain les déclarations de Soro Guillaume qui confiait, le 20 février, ne pas « croire » en la mission du Panel, et révélait que son camp était « armé et déterminé » à faire la guerre pour chasser le Président réélu Laurent Gbagbo.

Dans une interview diffusée sur les ondes de la chaîne de télé pirate TCI, le Capitaine Alla, son porte-parole avait également révélé que son camp réservait « une situation de guerre » aux FDS à qui il promettait « la mort ».  « Nous n’avons rien à redouter des conclusions du panel de l’Union africaine. Pour la bonne et simple raison que nous n’en attendons rien », déclarait pour sa part un conseiller de Alassane Ouattara.

Depuis 2002, la rébellion pro-Ouattara occupe la moitié nord du pays. Elle a exigé, en échange de son désarmement, l’acceptation de la candidature d’Alassane Ouattara à la présidence de la république, le poste de premier ministre ainsi que le partage des postes ministériels dans le gouvernement, une représentation majoritaire à la Commission électorale indépendante. Toutes ces exigences ont été satisfaites, mais elle a refusé le désarmement de ses troupes.

« A l’exception d’Amnesty international qui a mentionné récemment ses méfaits et de quelques organisations locales qui l’ont dénoncée, la rébellion pro-Ouattara n’a jamais été interpellée, ni par la Cour pénale internationale, ni par l’Onu » notent certains observateurs. Elle n’a pas été contrainte de déposer les armes avant les élections alors que tous les accords l’y faisaient obligation.

Le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction ivoirienne chargée de proclamer les résultats définitifs des élections présidentielles, a proclamé Laurent Gbagbo élu avec  51, 45% des suffrages. Le juge se fondant sur des cas de fraudes massives avérées et d’exactions commises sur les populations, notamment sur les partisans de la majorité présidentielle, dans certaines zones du nord, a annulé plusieurs votes. Refusant sa défaite, Alassane Ouattara, depuis son QG du Golf Hôtel, tente de renverser par les armes le Président Laurent Gbagbo.