Côte d’Ivoire : L’Embargo de l’UE sur les médicaments fait ses premières victimes

Posted on 9 mars 2011

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ABIDJAN – Lundi en fin d’après midi, la ministre de la Santé Publique Christine Adjobi révélait que 24 décès avaient été enregistrés de janvier à février parmi les personnes dialysées consécutivement à la décision de l’Union Européenne d’infliger à la Côte d’Ivoire un embargo sur les bateaux à destination de ce pays y compris ceux transportant des médicaments.
Le seul Centre hospitalier universitaire de Cocody (Chu) a enregistré près de 10 morts du fait du manque de médicaments pour la dialyse. Le centre d’hémodialyse ne dispose plus suffisamment de médicaments pour la dialyse des 104 insuffisants rénaux qu’il prend en charge, révèle Essan Albert Ettien, président de l’Association ivoirienne des dialysés et insuffisants rénaux.

« Avec le soutien de l’Etat, le centre d’hémodialyse de Cocody a pour habitude de vendre le kit de dialyse aux malades à 2.000 Fcfa (environ 3 €), au lieu de 64.000 Fcfa (98 €). Mais depuis l’embargo de l’Union européenne sur les ports ivoiriens, les bateaux ne viennent plus avec les médicaments, dont les kits de dialyse. Le Centre d’hémodialyse n’est donc plus approvisionné », a – t-il expliqué.

De nombreux professionnels de la santé membres du Syndicat national des cadres supérieurs de la santé de Côte d’Ivoire (Synacasci) ont organisé, jeudi 24 février, une marche sur le siège de l’OMS à Abidjan suivie d’un sit-in devant l’édifice. Ils se sont insurgés contre cette mesure « arbitraire » qui prive les malades de médicaments.

Selon le Synacasci, il ne faut pas faire d’amalgame entre politique et affaires sociales. Le syndicat a par ailleurs menacé de poursuivre l’OMS et l’UE devant les tribunaux pour « crime contre l’humanité ».

Le Dr Christine Adjobi, Ministre ivoirien de la Santé publique, a condamné le samedi 26 février l’embargo sur les médicaments imposé à la Côte d’Ivoire par l’Union Européenne. « Qu’est-ce que la santé a à voir dans cette situation?  » s’est écriée la ministre, dénonçant le comportement de l’UE qui « viole ainsi les droits de l’homme ».

Cette mesure d’embargo fait partie d’une série de décisions de l’Union Européenne visant à asphyxier le pays à tous les niveaux, notamment au plan économique, diplomatique et sanitaire. L’Ue espère obtenir ainsi le départ du président Laurent Gbagbo du pouvoir et imposer à la tête du pays l’opposant Alassane Ouattara.

Le Conseil constitutionnel ivoirien, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs de l’élection présidentielle a proclamé Laurent Gbagbo, élu (51, 45%) contre son adversaire Alassane Ouattara (48%).