Burkina Faso : Les étudiants en colère réclament la démission de certains ministres

Posted on 10 mars 2011

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OUAGADOUGOU – La tension s’intensifie dans les rues de la majorité des villes du Burkina à la veille d’une grande manifestation pacifique prévue vendredi par l’association nationale des étudiants (ANEB), a constaté un correspondant de DirectScoop.

Selon les informations que l’ANEB a publiées et dont DirectScoop dispose une copie, le Maire de Ouagadougou – Simon COMPAORE –  en prélude de la marche de vendredi a fait des tournées dans la commune pour mettre en place des ‘’cellules de défense des institutions’’.

Dans une douzaine de villes, la pression est vive et les troubles se sont amplifiés. Divers édifices gouvernementaux ont déjà été pris pour cible par les jeunes manifestants.  A Ouahigouya – Au Nord du pays, à 190 km de Ouagadougou- le commissariat de police, le conseil régional et la résidence du gouverneur ont été incendiés et une vingtaine de prisonniers libérée  par les manifestants.

Les étudiants en colère réclament le limogeage des ministres de la Santé, de la Sécurité et de la justice.

Le gouvernement a prorogé mercredi la fermeture des écoles jusqu’à nouvel ordre, alors que les étudiants de Ouahigouya, dans le nord du pays, ont incendié le quartier général de la police, la mairie, et le siège du parti au pouvoir.

A Koudougou, Kaya, et Kongouassi, de longues files à perte de vue, noires de monde ont arpenté les grandes artères pour réclamer justice au sujet de la mort du jeune Justin Zongo.

Les journées des 7 et 8 mars avaient été  mouvementés partout dans le pays. La révolte est montée en puissance et fait tâche d’huile dans les villes de Bobo- Dioulasso, Koudougou, Gaoua, Fada Gourma, Tengodogo, Pô, Léo et Dori.

Un communiqué du gouvernement fait état de commissariats incendiés,  d’édifices publics vandalisés, de barricades érigées, des grèves et marches organisées.

Des actes qualifiés de « dérives inacceptables », par le gouvernement qui a haussé le ton en promettant de prendre « ses responsabilités ».

Afin de baisser la tension sur le terrain le responsable régional de la police et celui des enseignements ont été limogés. Le gouvernement avait aussi ordonné l’arrestation des policiers mis en cause dans la mort des manifestants.

Le Syndicat National des Avocats du Faso (SYNAF) par la voix de son Secrétaire Général, Maître Batibié BENAO, avait dénoncé jeudi 3 février « la complaisance et le laxisme de l’Etat » face aux «abus grossiers des agents de police » qui avaient causé le décès du jeune élève Justin Zongo.

Les écoles et universités étaient restées fermées  « jusqu’à nouvel ordre » selon un communiqué du gouvernement. Le gouverneur de la région du centre-Ouest et un haut responsable de la police avaient été relevés de leurs fonctions suite aux manifestations d’élèves et étudiants du 24 février qui ont fait 5 morts.

Ces manifestations qui avaient débuté le 23 février s’étaient étendues le lendemain à la capitale. Les élèves et étudiants des villes de Poa et de Ouagadougou par soutien à leurs camarades de Koudougou, avaient rejoint la manifestation.

Cette autre manifestation intervenait alors que le 18 février à la Maison d’Arrêt  et de Correction de Ouagadougou (MACO) éclatait une mutinerie. Certaines sources ont annoncé l’évasion du capitaine Luther Ouali, cerveau présumé du coup d’état  manqué de 2004 contre le Président Compaoré. Une information démentie par le procureur du Faso près le tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Placide Nitchièma qui a affirmé « qu’aucun détenu ne s’était évadé », reconnaissant « des blessures légères » par balles sur un détenu.