Burkina Faso : Violente protestation des élèves suite à la répression policière

Posted on 11 mars 2011

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OUAGADOUOU – Suite à la violente répression de la marche pacifique des étudiants vendredi matin par la police, qui a fait au moins un mort,  les manifestants sont sortis massivement dans certaines villes du pays pour crier leur indignation, a constaté un correspondant de DirectScoop.

Les forces de défense ont coupé l’itinéraire tracé par les manifestants, donnant lieu à une répression aux gaz lacrymogènes.

Des journalistes de la radiotélévision Burkinabé (RTB) ont été déclarés persona ‘’non grata’’ lors des manifestations du 11 mars. L’équipe qui a fait le déplacement sur le terrain Dabo Boukary a dû battre précipitamment en retraite après que leur caméra eut été retirée.

« Ils ne disent pas la vérité, cachent les vraies choses ou les déforment », déclarait un syndicaliste.

Les boutiques et magasins sont restés fermés. A tampouy, les élèves en furie se sont réunis devant l’hôpital général pour crier leur colère.

Le comité exécutif de l’association nationale des étudiants du Burkina (ANEB) a décrété une grève de 72 heures à compter de vendredi. Rendez-vous a été donné pour  mardi 15 mars pour un nouveau meeting, afin, ont-ils dit, « de décider de la suite des événements ».

Afin de baisser la tension sur le terrain le responsable régional de la police et celui des enseignements avaient été limogés. Le gouvernement avait aussi ordonné l’arrestation des policiers mis en cause dans la mort des manifestants.

Le Syndicat National des Avocats du Faso (SYNAF) par la voix de son Secrétaire Général, Maître Batibié BENAO, avait dénoncé jeudi 3 février « la complaisance et le laxisme de l’Etat » face aux «abus grossiers des agents de police » qui avaient causé le décès du jeune élève Justin Zongo.

Cette autre manifestation intervenait alors que le 18 février à la Maison d’Arrêt  et de Correction de Ouagadougou (MACO) éclatait une mutinerie. Certaines sources ont annoncé l’évasion du capitaine Luther Ouali, cerveau présumé du coup d’état  manqué de 2004 contre le Président Compaoré. Une information démentie par le procureur du Faso près le tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Placide Nitchièma qui a affirmé « qu’aucun détenu ne s’était évadé », reconnaissant « des blessures légères » par balles sur un détenu.