Libye : La France veut convaincre le G8 d’imposer rapidement une zone d’exclusion aérienne

Posted on 14 mars 2011

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PARIS – La France accueille lundi et mardi à Paris une réunion des ministres des affaires étrangères du G8 où elle va tenter de presser le groupe d’accepter l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne en Libye face à la progression des troupes du guide Libyen Mouammar Kadhafi, a-t-on appris d’une source diplomatique.

« Afin de remplir ces objectifs, la France va accélérer, au cours des prochaines heures, ses efforts, en concertation avec ses partenaires de l’UE, de la Ligue des Etats arabes, du Conseil de sécurité des Nations unies et du Conseil national libyen de transition », a déclaré le chef de la diplomatie française Alain Juppé.

A l’exception de la Chine, les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU seront tous présents à Paris, ainsi que l’Italie, ancienne puissance coloniale en Libye et acteur clé de la crise, l’Allemagne, le Canada et le Japon.

Réunis à Bruxelles vendredi 11 mars pour un sommet extraordinaire consacré à la situation en Libye, les dirigeants européens étaient restés très prudents en ne reconnaissant pas officiellement le Conseil national transitoire (CNT) libyen comme le souhaitait Nicolas Sarkozy.

La chancelière allemande Angela Merkel s’est dite vendredi « fondamentalement sceptique » à l’initiative prise par la France.

Son ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle s’est montré plus explicite au sujet de la zone d’exclusion. « Que ferons-nous si ça ne fonctionne pas? Nous irons avec des troupes terrestres? », a-t-il demandé, en appelant à tirer les leçons de l’Irak et de l’Afghanistan.

La France est le premier pays à officiellement reconnaître le « Conseil national de transition libyen » (CNT) comme le représentant du peuple libyen. Trois émissaires du CNT qui regroupe l’opposition au régime du colonel Kadhafi ont été reçus à l’Elysée jeudi 10 mars, à la suite de quoi le CNT a été déclaré comme seul « représentant légitime du peuple libyen ». Nicolas Sarkozy a promis d’envoyer un ambassadeur à Benghazi, chef-lieu de l’opposition libyenne.