Burkina Faso : La solidarité estudiantine face à la répression

Posted on 18 mars 2011

2


OUAGADOUGOU –  L’association des étudiants du Burkina (ANEB) a appelé, mercredi, lors d’une réunion de crise, à l’établissement d’une chaîne de solidarité pour tous les étudiants suite à  la suspension des œuvres universitaires (fermeture des restaurants universitaires, fermeture des cités universitaires,…).

« Toutes ces mesures et provocations sont prises afin de punir les étudiants pour s’être mobilisés au sein de l’ANEB et demander ‘’vérité et justice’’ sur les tueries dans la région du Centre-Ouest. Ces mesures nous rappellent celles prises en 2008 à l’Université de Ouagadougou suite à la répression sanglante du 17 juin de la même année par les autorités croyant porter un coup à la mobilisation et liquider l’ANEB », s’est indigné Fayama Mahamadou, président de l’ANEB.

La grande marche pacifique s’était soldée vendredi  11 février  par une  violente répression émanant police, faisant au moins un mort. Les manifestants,  après cette répression, sont sortis massivement dans certaines villes du pays pour crier leur indignation.

Dans le but de dénoncer la mort du jeune élève Justin Zongo, le  comité exécutif de l’ANEB avait décrété une grève de 72 heures à compter de vendredi.

Lundi 14 mars 2011, un communiqué du gouvernement lu à la télévision nationale du Burkina informait toutes les parties prenantes du système éducatif national que les universités publiques du Burkina venaient d’être fermées et ce, jusqu’à « nouvel avis ».

Le même communiqué indiquait que « la fermeture de ces établissements publics d’enseignement supérieur entraîne la suspension de tous les services sociaux au profit des étudiants relevant de ces universités publiques ».

 » Ce qui se passe actuellement n’est pas humain. Je trouve anormal que le gouvernement vienne déloger des personnes qui ne savent même pas où aller car, elles n’ont pas de familles ici au Burkina. Les étudiants ont raison de revendiquer car il y a trop de crimes au Burkina qui sont restés impunis », déclare l’étudiante Aïchatou Compaoré.

« Les œuvres sociales dont bénéficient les étudiants émanent de l’argent du contribuable burkinabè, et  le gouvernement Burkinabé n’a pas le droit de les supprimer », précise la jeune étudiante.

Depuis la mort du jeune élève Justin Zongo dans les locaux du commissariat de police de Koudougou, les élèves et étudiants du Burkina réclament à travers des manifestations éclatées dans tout le pays justice pour l’élève.