Côte d’Ivoire : Le quotidien gouvernemental n’est pas paru

Posted on 18 mars 2011

1


ABIDJAN – Le quotidien gouvernemental, Fraternité Matin, n’est pas paru  vendredi, a constaté un journaliste de DirectScoop.

La veille, la rédaction du journal a dû, en cours de journée, évacuer d’urgence son personnel. « Nous étions pris au piège des échanges de tirs entre les éléments du commissariat du 10ème arrondissement d’en face qui ripostaient à une attaque des rebelles en provenance du quartier derrière nous », rapporte un journaliste de FratMat joint au téléphone.

Les forces de défense et de sécurité ont réussi à sécuriser la zone après plusieurs heures de ratissage. Le service devrait reprendre ce matin. « Il y aura un journal demain », assure notre source. Deux autres journaux, Le jour et le Mandat, ont été suspendus jeudi pour « des écrits séditieux appelant à la haine », a-t-on appris du Conseil National de la Presse (CNP), organe de régulation de la presse écrite.

La presse ivoirienne, dans son ensemble est de plus en plus l’objet de menaces et d’attaques de tous genres. La rédaction de Fraternité Matin a été l’objet d’une attaque à l’obus de la part de « terroristes proches de Ouattara », selon plusieurs sources concordantes.

Un agent de la refondation, entreprise de presse proche du FPI (Front Populaire Ivoirien), parti de Laurent Gbagbo a été retrouvé assassiné à l’arme blanche par des manifestants du RHDP (coalition politico-armée soutenant Ouattara).

Un journaliste de Nord-Sud, quotidien proche du chef rebelle Soro Guillaume, est porté disparu. Certains de ses proches accusent les partisans de Laurent Gbagbo. Plusieurs journaux de l’opposition, estimant faire l’objet de répression, avaient décidé de suspendre leur parution, avant de revenir sur leurs positions quelques jours plus tard.

Le Conseil National de la Presse, déplorant la multiplication des atteintes à la liberté de la presse sur l’ensemble du territoire  – les publications jugées proches du Président Laurent Gbagbo sont interdites de parution dans les zones du nord sous contrôle de la rébellion pro-Ouattara – a demandé « aux journalistes d’éviter les dérapages graves qui pourraient mettre à mal la cohésion sociale et les fondements de la nation ».