Crise ivoirienne : « Les embargos imposés à la Côte d’Ivoire sont inhumains » (Bishop méthodiste)

Posted on 20 mars 2011

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ABIDJAN – Son éminence Benjamin Boni, Bishop de l’Église méthodiste unie – Côte d’Ivoire ( congrégation protestante qui regroupe entre 800 000 et 1 million de membres), s’est élevé dimanche contre les sanctions et en particulier contre les embargos imposés à ce pays par l’Union Européenne (UE).

Saisissant l’occasion d’un moment de prière organisé par les femmes de sa congrégation, le premier responsable national de cette communauté chrétienne a rappelé que « nul n’a le droit d’ôter la vie à quiconque » avant d’ajouter que « les embargos imposés à la Côte d’Ivoire (par l’Union européenne) sont inhumains ».

Plusieurs organisations et personnalités ont condamné ces sanctions qui ont des conséquences sociales graves.

Médecins Sans Frontières (MSF) avait accusé « la communauté internationale (…) des ruptures d’approvisionnement en médicaments et matériel médical ».

La ministre de la Santé Publique, Christine Adjobi, a dénombré le 7 mars, « 24 décès » pour la période de janvier à février chez les personnes dialysées consécutivement à la décision de l’Union Européenne d’infliger à la Côte d’Ivoire un embargo sur les bateaux à destination de ce pays y compris ceux transportant des médicaments.

Les étudiants du SYNESS (Syndicat National des Etudiants en Science de la  Santé de Côte d’Ivoire) ont organisé, le 24 février, une marche sur le siège de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) à Abidjan suivie d’un sit-in devant l’édifice. Ils se sont insurgés contre cette mesure « arbitraire » qui prive les malades de médicaments.

Selon le SYNACASCI (Syndicat National des Cadres de la Santé), il ne faut pas faire d’amalgame entre politique et affaires sociales. Le syndicat a par ailleurs menacé de poursuivre l’OMS et l’UE (Union Européenne) devant les tribunaux pour « crime contre l’humanité ».

Cette mesure d’embargo fait partie d’une série de décisions de l’Union Européenne visant à asphyxier le pays à tous les niveaux, notamment au plan économique, diplomatique et sanitaire. L’UE espère obtenir ainsi le départ du président Laurent Gbagbo du pouvoir et imposer à la tête du pays l’opposant Alassane Ouattara.

Le Conseil constitutionnel ivoirien, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs de l’élection présidentielle a proclamé Laurent Gbagbo, élu (51, 45%) contre son adversaire Alassane Ouattara (48%).