Les magistrats Burkinabé entament une grève illimitée

Posted on 25 mars 2011

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OUAGADOUGOU – Les magistrats et auxiliaires de justice ont décidé de suspendre toutes activités ce, « jusqu’à nouvel » ordre suite à la manifestation des soldats qui ont libéré leurs camarades condamnés, a déclaré, jeudi, Bessolè René Bagoré Secrétaire général du syndicat, lors d’une conférence de presse.

Les salles d’audience n°1 et n°2 ont été saccagées, les bancs et chaises ont été cassés, un bureau défoncé, les tiroirs fouillés. Les vitres du bâtiment de la « Maison de l’avocat » ont également été endommagées. Des douilles de balles réelles ont été retrouvées par terre.

Selon le communiqué du ministre de la Défense et des anciens combattants, ces actes sont le fait d’un groupe de militaires qui s’est indigné de la condamnation de cinq des leurs par le Tribunal de grande Instance de Ouagadougou à l’audience du 22 mars 2011.

Le syndicat des avocats du Burkina Faso a dénoncé la gestion partisane du dossier par les autorités  gouvernementales. « Le ministre de la Défense et des anciens combattants n’a nullement fait allusion, dans son communiqué, aux dégâts causés au Palais de justice, pourtant cible première des militaires », a indiqué Bessolè René Bagoré Secrétaire général du syndicat.

Pour le syndicat, la condition sine qua non de reprise des activités juridictionnelles restent « la réintégration immédiate et sans condition des militaires condamnés le 22 mars 2011 sur décision de justice à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou. A défaut, les autres détenus seront en droit d’attendre de l’Etat qu’ils soient également libérés »

« la sanction des auteurs de toutes les attaques survenues dans la nuit du 22 au 23 mars 2011 ».

L’Ordre des avocats du Burkina Faso a appelé mercredi après-midi au respect, par tout citoyen du mot d’ordre de grève des syndicats de magistrats.

Dans la nuit de mardi 22 février  à Ouagadougou, des tirs à l’arme lourde avaient été entendus dans toute la ville. Des soldats étaient en mouvement de contestation.

Ces manifestations faisaient suite à une altercation au cours de laquelle cinq militaires condamnés se seraient rendus coupables de brutalités sur des populations civiles au mois de février 2011. Pour manifester leur mécontentement, des militaires se sont approprié un dépôt d’armes au Camp Sangoulé Lamizana à Gounghin qui abrite également les locaux de la Justice militaire ou le procès a eu lieu.