Côte d’Ivoire : Un message d’Obama sur fond de manifestations patriotiques

Posted on 27 mars 2011

41


ABIDJAN – Le Président des Etats-Unis d’Amérique Barack Obama a adressé un « message au peuple ivoirien » rendu public samedi par la Maison Blanche.

Dans cet enregistrement vidéo de moins de deux minutes, le chef de l’Etat américain estime que « le monde a les yeux braqués sur la Côte d’Ivoire (et que) l’élection, l’an dernier, a été libre et honnête ». Obama fait savoir que  « Alassane Ouattara est le chef démocratiquement élu de la nation (ivoirienne) » avant de menacer : « Si Laurent Gbagbo s’accroche au pouvoir, (cela) ne mènera qu’à plus de violence, à plus de civils innocents blessés et tués et à un plus grand isolement diplomatique et économique » du pays. S’adressant « directement au peuple de la Côte d’ivoire » il a poursuivi : « vous méritez un avenir fait d’espoir, pas de peur, vous méritez des chefs comme le Président Ouattara ».

Ce message en anglais (non traduit par la Maison Blanche) adressé à la population francophone de Côte d’Ivoire n’a pas été diffusé sur les chaines publiques ivoiriennes tournées plutôt vers le grand rassemblement des jeunes et des patriotes qui a réuni, le même jour, des centaines de milliers de manifestants sur la place de la République, non loin du Palais présidentiel d’Abidjan.

Un meeting géant tenu à l’initiative de Charles Blé Goudé et visant à marquer le soutien des ivoiriens à la légalité constitutionnelle et à démontrer la légitimité populaire du Président Laurent Gbagbo. Car pour Charles Blé Goudé, Alassane Ouattara est président pour la communauté internationale ;  « mais la communauté nationale a son président : Laurent Gbagbo ». La manifestation patriotique qui a démarré samedi en début d’après-midi s’est poursuivie jusqu’au dimanche.

La « certification » controversée des résultats du scrutin présidentiel ivoirien effectuée par le représentant spécial du Secrétaire Général de l’Onu, Choï Young-Jin, est à la bases d’une confusion sur l’issue du scrutin du 28 novembre. Cette  « certification » a remis en cause d’une part, la décision du Conseil constitutionnel, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs en Côte d’Ivoire, et d’autre part, la prestation de serment du Président Laurent Gbagbo, démocratiquement élu selon les lois ivoiriennes.

Refusant sa défaite constatée par le Conseil Constitutionnel, Alassane Ouattara, depuis son QG du Golf Hôtel, tente de renverser le gouvernement  de Côte d’Ivoire avec des miliciens rebelles lourdement armés par l’Opération des nations unies en Côte d’ivoire (ONUCI) et la force  française Licorne.

Laurent Gbagbo, Président de la République démocratiquement élu, qui dénonce un « complot international », est reconnu et soutenu par l’ensemble des institutions civiles et militaires du pays ainsi que la majeure partie des populations ivoiriennes. Il détient également l’effectivité du pouvoir en Côte d’Ivoire.