Burkina Faso: Des miltaires en colère tirent une roquette sur un tribunal

Posted on 29 mars 2011

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OUAGADOUGOU – Des militaires en colère ont tiré mardi une roquette sur le palais de justice de la ville de Fada N’Gourma, dans l’est du Burkina Faso, après avoir libéré lundi un soldat emprisonné pour viol, a t-on appris d’une source locale.

« Les militaires ont tiré ce matin une roquette sur le palais de justice. Cela a fait un gros trou sur le bâtiment », atteste un habitant joint au téléphone depuis Ouagadougou.

La tension est restée vive à Fada N’Gourma mardi 29 mars. Les boutiques, les banques, les stations service étaient fermées et des tirs se sont fait entendre.
Selon plusieurs sources concordantes, des pick-ups du régiment de la sécurité présidentielle avaient quitté Ouagadougou lundi soir en direction de Fada N’Gourma où ils ont pris position autour de la ville.

Un habitant de la ville a raconté que les militaires avaient mardi leurs bérets retournés sur la tête et que d’autres portaient des casques ou des chapeaux « comme les rebelles en Côte d’Ivoire qu’on voit à la télé ».

« Ils sont nombreux, ils circulent à bord de pick-ups, à moto ou à pied. Ils ont pris les véhicules de beaucoup de gens », a-t-il ajouté.
Un haut responsable local a indiqué que, comme lundi, les soldats avaient effectué des tirs en l’air tôt dans la matinée du mardi.

« Ils ont bloqué avec des chars les entrées (ouest) Ouagadougou-Fada et Fada-Niamey » menant vers le Niger à l’est, a rapporté un journaliste local, Issaka Ouédraogo.

Les soldats, mécontents de la  détention en prison d’un des leurs, avaient tiré en l’air avec des kalachnikovs  à Fada N’Gourma, une ville située à deux cent vingt kilomètres à l’est de la capitale.

C’est la troisième contestation de ce type en moins d’une semaine au Burkina Faso. Des coups de feu avaient été entendus dans la nuit, mardi 22 mars, à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, où des soldats étaient en mouvement de contestation. Cette première manifestation faisait suite à une altercation au cours de laquelle, cinq militaires condamnés, avaient été jugés coupables de brutalités sur des populations civiles au mois de février 2011.

Pour manifester leur mécontentement, des militaires s’étaient appropriés un dépôt d’armes au Camp Sangoulé Lamizana à Gounghin qui abrite également les locaux de la Justice militaire ou le procès a eu lieu et où certains de leurs camarades étaient détenus.

Les magistrats et auxiliaires de justice ont entamé depuis vendredi 25 mars une grève illimitée pour protester contre ces actions des militaires.