Côte d’Ivoire : La « guerre du cacao » à l’échéance du 31 mars

Posted on 29 mars 2011

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ABIDJAN – Les fronts Ouest et Est étaient en ébullition mardi suite à l’offensive d’envergure menée lundi par les forces rebelles pro-Ouattara alors qu’approche à grands pas le délai du 31 mars imposé par le gouvernement ivoirien pour l’exportation du cacao.

Les villes de Duékoué, Daloa, Issia (ouest) et Bondoukou (est) seraient tombées aux mains des rebelles, largement aidés par les forces de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et de la Licorne (forces françaises).

Une source proche du théâtre des opérations à Duékoué révèle que « l’ONUCI et la Licorne ne se contentent plus de convoyer et ravitailler les rebelles mais bombardent » les positions des forces de défense et de sécurité (FDS), « avant de les installer ». Une information que confirment des témoins qui auraient aperçu des « soldats blancs de la Licorne aux prises avec les FDS» lors des combats à Daloa.

« Cette avancée subitement rapide des rebelles d’Alassane Ouattara n’est pas sans lien avec l’échéance du 31 mars », analyse un observateur pour qui le conflit ivoirien n’est rien d’autre que « la guerre du cacao commandée par les chocolatiers américains ».

Selon lui, « les révélations du Financial Times sur la volonté des multinationales de payer les taxes à l’exportation du cacao au Président Gbagbo ont sonné comme un ultimatum à la nébuleuse » qui aurait échoué « si le 31 mars Gbagbo restait Président ».

Cela explique en partie « la sortie historique (c’est la première fois qu’un Président américain s’adresse à la Côte d’Ivoire) et inopinée d’Obama » samedi pour demander officiellement le départ de Laurent Gbagbo. Une sortie d’ailleurs très mal accueillie, surtout dans les milieux panafricains où Obama est perçu comme « la honte de l’Afrique ».

Le gouvernement ivoirien a fixé le délai du 31 mars aux exportateurs de cacao qui faisaient la rétention des stocks afin d’écouler leur produit, faute de quoi ceux-ci seraient saisis par l’Etat, désormais seul autorisé à commercialiser le café et le cacao ivoirien.

Suite à l’embargo du cacao ivoirien par l’Union Européenne (UE), les producteurs avaient exprimé leurs mécontentements par des manifestations devant le siège abidjanais de l’institution.

Cette mesure d’embargo avait été renforcée par un appel de l’opposant Alassane Dramane Ouattara, demandant l’arrêt des exportations par les multinationales. Ce dernier espérait ainsi couper les finances au chef d’Etat ivoirien.

Depuis la réélection du Président Laurent Gbagbo avec 51,45%, l’Occident menée par la France et les Etats-Unis, tente d’imposer malgré sa défaite constatée par le Conseil Constitutionnel, l’opposant Alassane Ouattara, « ami » selon ses propres termes, de Nicolas Sarkozy.