Côte d’Ivoire : La rébellion pro-Ouattara annonce l’occupation de plusieurs villes

Posted on 30 mars 2011

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ABIDJAN – La rébellion pro-Ouattara a annoncé, l’occupation par ses élément, des villes de Duékoué, Guiglo, Daloa, Issia ainsi que le contrôle du camp commando d’Abobo à Abidjan, dans un communiqué publié mardi, par son porte-parole, le Capitaine Alla Kouakou Léon.

Ce communiqué n’a, pour l’heure, pas encore été démenti par les Forces de défense et de sécurité dont le porte-parole le Colonel-Major Gohourou Babri Hilaire a  annoncé le même jour,  l’appel sous les drapeaux, à partir de mercredi, des jeunes volontaires déjà enrôlés.

Le Ministre Ahoua Don Mello, porte-parole du Gouvernement ivoirien observe que « ce qui est surprenant (c’est que) lorsque des rebelles attaquent ouvertement au vu et au su de l’Union européenne, de l’Onuci, de l’Union Africaine, de la Cedeao (…) aucune protestation ne s’élève contre la rébellion. Or lorsque nous allons répliquer vous allez entendre un tintamarre de protecteurs de droits humains ». Puis il explique que « pour le moment nous avons fait le choix du dialogue. Nous espérons que le dialogue va permettre à chacun d’entendre raison. Face à la violence ouverte des rebelles nous répondons par la main tendue. (…)  A la place des armes nous souhaitons des mots, çà préserve mieux les droits humains ».

Le nonce apostolique, Monseigneur Ambroise Madtha, a rencontré le Président Laurent Gbagbo, lundi, au palais présidentiel, lui demandant de tendre la main à « son frère » Alassane Dramane Ouattara. Il avait à cette occasion, dénoncé les sanctions et tueries qui aggravent les souffrances des ivoiriens et évoqué la nécessité d’y mettre fin par le dialogue.

Les fronts Ouest et Est étaient en ébullition mardi suite à une offensive d’envergure menée par les rebelles pro-Ouattara largement aidés par les forces de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et de la Licorne (forces françaises) à la veille du délai du 31 mars imposé par le gouvernement ivoirien pour l’exportation du cacao.

« Cette avancée subitement rapide des rebelles d’Alassane Ouattara n’est pas sans lien avec l’échéance du 31 mars », analyse un observateur pour qui le conflit ivoirien n’est rien d’autre que « la guerre du cacao commandée par les chocolatiers américains ».

Selon lui, « les révélations du Financial Times sur la volonté des multinationales de payer les taxes à l’exportation du cacao au Président Gbagbo ont sonné comme un ultimatum à la nébuleuse » qui aurait échoué « si le 31 mars Gbagbo restait Président ».

Depuis la réélection du Président Laurent Gbagbo avec 51,45%, l’Occident menée par la France et les Etats-Unis, tente d’imposer malgré sa défaite constatée par le Conseil Constitutionnel, l’opposant Alassane Ouattara.