Côte d’Ivoire: La guerre se poursuit sur le front médiatique

Posted on 30 mars 2011

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ABIDJAN – La presse pro-Ouattara annonçait glorieusement mercredi, la prise par les rebelles des villes de Bondoukou et Duekoué quand la presse pro-gouvernementale informait de la riposte des FDS face aux attaques des rebelles. Les médias occidentaux, accusé d’être pro-Ouattara, quant à eux se contentent de relayer cette « avancée » de la rébellion.

Les médias se livrent une guerre de l’information depuis le début de la crise née des élections ivoiriennes de novembre 2010 tant au niveau local qu’à l’international via la presse étrangère et les réseaux sociaux sur Internet.

La presse locale pro-ouattara a engagé une vaste campagne de désinformation. Les  propos séditieux a répétition des quotidiens pro-Ouattara ‘Le Jour plus’, ‘Nord-Sud Quotidien’ et ‘Le Patriote’ ont emmené Le Conseil National de la Presse (CNP) à infliger aux entreprises éditrices de ces quotidiens le 25 février, des sanctions pécuniaires et des interdictions de parution.

Sur les réseaux  sociaux de l’internet dont Facebook et Twitter sont les plus utilisés, la bataille est bien réelle. Pendant que Facebook est majoritairement dominée par les internautes fidèles aux institutions,  Twitter est l’outil de propagande des médias et internautes pro-Ouattara.

Cette guerre de l’information en ce qui concerne l’internet ne se limite pas seulement aux affirmations et aux démenties, les attaques cybernétiques sont également des puissants mode d’opérations.

Les sites internet  d’information sont régulièrement victimes d’attaques cybernétiques. Le site internet de la RTI avait été victime d’une attaque cybernétique le 10 Janvier. Cette attaque consistait en une modification du contenu original du site en faveur de l’opposant Alassane Ouattara.

Le site internet pro-Ouattara lavoixdugolf.net victime, d’une attaque a été fermé puis a rouvert sous un nom de domaine différent (lavoixdugolf.info)

Les pages facebook des ministres ivoiriens du budget Koné Katinan et des affaires étrangères Alcide Djédjé, avaient été attaquée au début du moi de mars afin d’y faire figurer des messages faisant l’apologie d’Allasane Ouattara.

La rébellion pro-Ouattara aidé par l’Onuci (La mission des nations unies en Côte d’Ivoire) a installé une radio pirate (Onuci Fm).

Les rebelles se sont également dotés d’une chaîne de télévision pirate (Tci) émettant des appels insurrectionnels.

La guerre médiatique est également menée au plan international par des pressions. Suite à la pression de l’Elysée, Canal+ Afrique a suspendu depuis le 14 mars la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) du bouquet  Canal prétextant «un cas de force majeure ».

Cette guerre de l’information se déroule concomitamment à celle menée sur le théâtre des opérations. Depuis le 26 février les rebelles pro-Ouattara ont repris la guerre à l’ouest du pays en attaquant les localités de Zouan Hounien, Bin-Houyé, Toulepleu, Doké, Bloléquin, dans l’indifférence de « la communauté internationale ».

Laurent Gbagbo, Président de la République démocratiquement élu, qui dénonce un « complot international », est reconnu et soutenu par l’ensemble des institutions civiles et militaires du pays ainsi que la majeure partie des populations ivoiriennes. Il détient également l’effectivité du pouvoir en Côte d’Ivoire.

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