Crise Ivoirienne : Des chefs d’Etats interpellés sur « l’ingérence grave » de l’ONUCI en Côte d’Ivoire

Posted on 2 avril 2011

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Plusieurs intellectuels et personnalités, pour la plupart d’origine africaine ont appelé vendredi les chefs d’Etats de pays membres de l’ONU à s’opposer « clairement contre (l’) ingérence grave » des forces onusiennes « qui menace (…) la  Côte d’Ivoire », selon une déclaration dont DirectScoop a obtenu copie.

Ces intellectuels, au nombre d’une vingtaine, s’interrogent sur le sens d’une telle « ingérence ». « Peut-on laisser quelques personnes dévoyer l’idéal de fraternité et de paix entre les Nations, voulu par les Etats membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ? », écrivent-ils dans le document transmis à plusieurs chef d’Etat dont Hu Jin Tao de Chine, Dmitri Mdvedef de Russie et Dilma Roussef du Brésil.

L’ONUCI et la Licorne participent depuis lundi à l’offensive menée par les forces de l’opposant Alassane Ouattara en vue de l’imposer à la tête du pays. A Bondoukou, les forces de défense et de sécurité (FDS) ont essuyé les bombardements des MI-24 de l’ONUCI.

A Abidjan, l’ONUCI se trouve sur le théâtre des opérations. Les bombardements des camps militaires d’Akouedo et d’Agban  ont été le fait de la Licorne selon plusieurs sources militaires. Les combats pour le contrôle de la RTI (RadioTélévision Ivoirienne) ont causé de nombreuses pertes chez les assaillants dont plusieurs « soldats de type européen ».

Si les partisans d’Alassane Ouattara appuyés par leurs alliés, ont occupé sans résistance des villes de l’intérieur du pays, leur offensive dans la capitale s’est soldée par un échec après s’être heurtée à une riposte farouche des forces de défense et de sécurité.

La résolution 1975 de l’ONU votée mercredi a demandé « à toutes les parties d’œuvrer à la solution politique d’ensemble de l’Union Africaine (UA), se félicitant de la décision prise le 10 mars par le Sommet du Conseil de paix et de sécurité de l’UA de nommer un haut représentant chargé de la mise en œuvre de la solution politique d’ensemble.

Cette résolution engage par ailleurs « toutes les parties à coopérer pleinement avec lui ». Ouattara, fort du soutien de ses alliés (ONUCI et Licorne) a décidé de l’option militaire après avoir récusé le haut représentant désigné et engagé les hostilités en ouvrant des fronts militaires à l’ouest, au centre et à l’est du pays avant d’engager la « bataille d’Abidjan ».

Le représentant spécial du Secrétaire Général de l’Onu, Choï Young-Jin, par une « certification » controversée, a créé la confusion sur les résultats de l’élection présidentielle et replongé le pays dans une grave crise.

Le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs, a proclamé et investi Laurent Gbagbo, Président de la république. Une décision conforme à toutes les résolutions de l’Onu relatives à la Côte d’Ivoire, qui réaffirment le ferme attachement de l’organisation au respect de la souveraineté et de l’indépendance de ce pays.