Côte d’Ivoire: HRW accuse les pro-Ouattara d’atrocités dans l’ouest du pays

Posted on 10 avril 2011

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DUEKOUE — Les rebelles soutenant l’opposant Alassane Ouattara, ont commis de nombreuses exactions contre les partisans du président Laurent Gbagbo dans l’ouest du pays au cours du mois de mars, a accusé l’ONG Human Rights Watch (HRW), dans un rapport dont Directscoop a eu copie.

HRW accuse les combattants fidèles à Alassane Ouattara surnommés « FRCI (forces républicaines de Côte d’Ivoire)» d’avoir tué plusieurs centaines de civils, commis des viols et brûlé des villages lors de leur offensive.

Ces exactions ont été commises lors de l’offensive lancée fin mars par les forces loyales à Ouattara, qui leur a permis de reprendre des dizaines de localités avec le soutien des forces françaises et onusiennes avant de buter sur la farouche résistance à Abidjan de l’armée ivoirienne.

Les personnes interrogées par l’ONG ont expliqué comment les forces pro-Ouattara « ont sommairement exécuté et violé des personnes soupçonnées d’être des partisans de Gbagbo, dans leur maison, dans les champs, alors qu’elles prenaient la fuite ou qu’elles tentaient de se cacher dans des buissons », a indiqué Daniel Békélé, directeur d’HRW pour l’Afrique.

Selon le rapport, la majorité de ces exactions ont été commises entre le 6 et le 30 mars, période à laquelle les villages de Toulepleu, Doké, Blolequin, Duékoué et Guiglo, dans l’ouest du pays, sont tombés aux mains des forces pro-Ouattara.

Selon le rapport d’HRW, de nombreuses victimes ont été prises pour cible en raison de leur appartenance à l’ethnie Guéré, qui a principalement soutenu le président Laurent Gbagbo lors de l’élection présidentielle. « Les forces pro-Ouattara ont tué, violé et pillé les villages de cette ethnie au cours du mois de mars, le point culminant des violences étant le massacre de Duékoué le 29 mars », accuse le document.

Le dimanche 27 mars, des tirs nourris ont été entendus aux alentours de Duékoué, localité située dans la forêt tropicale, à l’extrémité sud-ouest du pays, alors que les soldats rebelles fidèles à Alassane Ouattara avançaient dans la zone.

« Ils sont arrivés dans notre quartier le lundi. Ce jour-là, ils ont seulement fait des fouilles et tué des jeunes hommes et des garçons, avec des armes », explique dans le rapport de HRW Philomène Houé, une habitante de Duékoué âgée de 39 ans.

« Ce n’est que le mardi qu’ils ont commencé à tuer tout le monde, des mères avec des enfants. Ma voisine, une jeune femme, a été abattue avec son bébé de six mois. Mon autre voisin, un vieil homme qui devait avoir 70 ans, a également été abattu », précise-t-elle.

Le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a fait révélé cette semaine la découverte d’une soixantaine de corps à Guiglo et d’une quarantaine d’autres à Blolequin. Beaucoup étaient criblés de balles. Une quinzaine de cadavres ont été également été retrouvés à Duékoué, où les violences ont déjà fait près de 230 morts au cours des dernières semaines, selon le HCR.

Dimanche, le porte-parole du PS (Parti socialiste), Benoît Hamon, a regretté dimanche sur Canal+ que « les forces françaises soient engagées aux côtés d’un acteur qui aurait perpétré (des) massacres » soulignant qu’il fallait « clarifier » le rôle de la force française Licorne en Côte d’Ivoire.