Côte d’Ivoire : Le parti du Président Gbagbo, interdit de parler à la presse

Posted on 23 avril 2011

164


ABIDJAN – Le chef du Front Populaire Ivoirien (parti fondé par le Président Laurent Gbagbo) a été enlevé jeudi à l’hôtel Pergola, par des éléments de l’ONUCI et des FRCI (forces loyales à Ouattara, chef d’Etat imposé par la communauté internationale), après avoir été empêché de lire une déclaration de son parti sur l’actualité politique devant la presse.

Plusieurs sources concordantes ont rapporté qu’il serait « détenu » à l’hôtel du Golf, QG d’Alassane Ouattara.

Selon une source présente au sein de l’hôtel censée protégée par l’ONUCI et les FRCI, ceux-ci auraient « fait irruption dans la suite de Madame la ministre Danielle Boni Claverie (nationalité ivoirienne et française) où devait se tenir ladite conférence de presse et emporté manu militari le matériel de France 24 et de RFI, sous le prétexte qu’il fallait une autorisation avant de tenir la conférence en question.»

Les personnalités, essentiellement des proches du Président Gbagbo (membres du gouvernement, cadres du FPI etc.) présentes dans ledit hôtel se sont retrouvées en « résidence surveillées », après avoir fui les exactions et autres représailles des combattants pro-Ouattara suite à la capture du Président.

« Les personnalités de LMP (La Majorité Présidentielle, coalition politique qui a soutenu la réélection du Président Gbagbo) qui se trouvent en ce moment à l’hôtel La Pergola ne sont pas libres de leurs mouvements et de leurs actions politiques», poursuit la même source qui révèle que « les communications téléphoniques (y) sont interdites ».

Plusieurs personnalités dont le Ministre Tagro ont été assassinées suite à la capture du Président ivoirien Laurent Gbagbo par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI qui soutient Ouattara. D’autres sont portées disparues, enlevées par les hommes de Ouattara. Des pillages et incendies de domiciles de proches du Président Gbagbo ont aussi été signalés.

Toutes ces violations des droits de l’homme s’ajoutent à celles déjà signalées à l’intérieur du pays, notamment à l’Ouest où près d’un millier, selon les organisations internationales, de personnes ont été systématiquement tuées par les FRCI.

Le contentieux électoral né du scrutin du 28 novembre s’est transformé en une guerre avec l’ingérence armée de la France et de l’ONU (Organisation des Nations Unies) qui soutiennent Alassane Ouattara.

Le Président Laurent Gbagbo, a été reconnu et investi Président par le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de proclamer les résultats définitifs  en Côte d’Ivoire alors qu’Alassane Ouattara, se fonde lui sur une certification « controversée et précipitée » du représentant de l’ONU à Abidjan.