Côte d’Ivoire : « Dire de Gbagbo qu’il est un dictateur n’empêchera pas nos compatriotes de nommer leur bourreau» (Président Laurent Gbagbo)

Posted on 1 mai 2011

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GENEVE – Une interview attribuée au Président Laurent Gbagbo depuis sa « prison » de Korhogo –  dans laquelle, il invite Alassane Ouattara, le chef d’Etat ivoirien installé à sa place par la communauté internationale, à rétablir « le plus rapidement l’état de droit » –  fait le buzz depuis samedi sur réseaux sociaux au sein des milieux de « résistance patriotique ivoirien ».

Cette interview enregistrée dans la soirée du 24 avril, par un certain Navy T., journaliste pour la circonstance, résidant à Genève (Suisse), aurait été improvisée via un « téléphone portable oublié dans la prison » du Président ivoirien démis par la coalition Licornes (France)-ONUCI-Combattants pro-Ouattara.

« On y voit un Laurent Gbagbo avec la bonne humeur qu’on lui connaît. Les propos en tout cas se rapprochent le plus possible de l’homme », analyse un observateur de la vie politique ivoirienne qui accorde environ « 70%  de crédit » à cette interview.

Tout en exprimant « sa compassion aux victimes sans exclusive» des évènements douloureux que vit la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a exhorté les Ivoiriens et les Africains à « rester dignes » dans ce qu’il a appelé « autre épreuve ». Pour lui, « il n’y a rien qui soit qui n’ait pas de fin ici-bas ».

Parfois philosophe, celui qui se dit « heureux de ne pas être celui par qui son pays sera pillé », estime que la question de sa sécurité dépend de son bourreau. « On a beau appréhender le danger, c’est celui qui vous l’apporte qui est déterminant dans son évaluation. Est-ce que celui qui me tient prisonnier ici est-il un homme dangereux? », répond-t-il à la question de savoir si sa vie serait en danger.

Le Président Laurent Gbagbo a tenu aussi à réaffirmer  tout au long de cet échange sa foi en ses idées, se disant prêt à refaire. « J’ai plus peur de la population qui vous chasse par la rue, parce que vous êtes un dictateur corrompu, que du dictat des puissances impérialistes », pense l’homme.

Capturé le 11 avril après une nuit de bombardements intenses par les forces françaises, à la résidence présidentielle de Côte d’Ivoire, le Président Laurent Gbagbo a été déporté dans le nord du pays. Détenus sans aucun chef d’accusation, il fait, aux dires des nouvelles autorités, l’objet d’ « enquêtes préliminaires ».