Botswana: Grève des fonctionnaires, l’opposition réclame la démission du parti au pouvoir

Posted on 10 mai 2011

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GABORONE – Trois principaux partis d’opposition Botswanais ont appelé mardi à la démission du gouvernement suite à une grève des fonctionnaires qui secoue le pays depuis trois semaines, a-t-on appris de sources officielles.

Le leader du Front national du Botswana, Duma Boko, a évoqué les exemples de l’Egypte et la Tunisie lors d’une récente conférence de presse convoquée par les trois principaux partis d’opposition en soutien à la grève.

« Il y a différentes façons de prendre le pouvoir, y compris la force », a-t-il déclaré. »Il peut être pris par la force et par l’utilisation des armes » Un autre parti d’opposition, le Mouvement pour la démocratie au Botswana, estime que la grève met en porte-à-faux la vision angélique du Parti démocratique Botswanais (BDP), vision selon laquelle le Botswana est une démocratie gérée de façon modèle.

« C’est ce qui ressort clairement du refus du gouvernement d’accepter les revendications salariales des travailleurs sous prétexte que l’économie n’a pas encore récupéré de la récession », a déclaré le chef de ce parti, Gomolemo Motswaledi. Le parti au pouvoir accuse l’opposition d’essayer d’utiliser la grève pour provoquer une révolution sur le modèle de celles qui ont secoué le monde arabe.

Pour l’analyste politique Zibani Maundeni de l’Université du Botswana, la grève a introduit un élément nouveau dans la vie politique botswanaise. »Les partis d’opposition s’intéressent désormais ouvertement aux questions sociales, et les travailleurs ont noué des relations avec les partis », relève-t-il.

L’économie du Botswana a été durement secouée par la crise mondiale qui a affecté les prix des matières premières et réduit la demande en diamants. Après s’être contracté de 4,9% en 2009, le PIB a progressé de 7,2% en 2010. La grogne des syndicats n’a cessé de s’accroitre. Ces syndicats estiment que les fonctionnaires,dont les salaires ont été gelés depuis trois ans pour cause de crise, devraient pouvoir bénéficier des fruits de la croissance.