Amnesty dénonce l’échec que l’ONU en Côte d’Ivoire

Posted on 25 mai 2011

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ABIDJAN – Amnesty international a dénoncé mercredi dans un rapport la faillite de la force du maintien de la paix des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) suite aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés sur le sol ivoirien.

« Je suis allée voir les gens de l’Onuci pour leur dire que nos hommes et nos garçons étaient en train de se faire massacrer et les casques bleus n’ont rien fait», raconte une habitante de Carrefour. Ce témoignage est tiré d’un rapport d’Amnesty International intitulé « Ils ont regardé sa carte d’identité et l’ont abattu ».

 Au bout de neuf semaines d’enquêtes sur le terrain, les chercheurs de l’association ont récolté des dizaines de témoignages sur les violences survenues en Côte d’Ivoire lors des six derniers mois.

Le document révèle surtout la faillite de l’Onuci, la force de maintien de la paix des Nations unies, lors du massacre de Douékoué. Les casques bleus disposent d’une base à un kilomètre du quartier Carrefour, où 817 civils ont été assassinés par des combattants d’Alassane Ouattara, selon la Croix-Rouge.

Un bataillon de 200 soldats marocains était sur place pour protéger la population civile. Ce jour-là, ils ne sont pas intervenus. « Pour justifier leur absence, ils nous ont expliqué qu’ils étaient assiégés », précise Gaëtan Mootoo, l’un des chercheurs d’Amnesty.

« Ils ont attendu le lendemain avant de se rendre à l’intérieur du quartier, aux côtés d’organisations humanitaires », précise Stephan Oberreit, directeur d’Amnesty France.

Autre constat inquiétant, l’absence de renforts dans la région de Douékoué. Dix jours après le massacre, l’Onuci n’avait toujours pas jugé bon de renforcer le maigre contingent marocain.

« Les exactions dans les villages ont continué, S’agit-il d’aveuglement de la part de l’Onuci ? De négligence ? Ou pire encore ? En tout cas, les renforts étaient disponibles et le pire aurait pu être évité », s’interroge Salvatore Saguès, chercheur à Amnesty.