Côte d’Ivoire – La FIDH dénonce « l’illégalité » des détentions des responsables politiques incarcérés

Posted on 8 juin 2011

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ABIDJAN – La Présidente de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme a dénoncé mardi lors d’une conférence de presse à Abidjan, le caractère arbitraire et l’illégal des détentions du Président Gbagbo et ses proches.

 « Qu’ils soient formellement inculpés ou libérés », a déclaré Souhayir Belhassen, non sans regretter le « flou » juridique entourant ces incarcérations.

La FIDH a, par ailleurs, alerté les nouvelles autorités contre « une justice sélective, une justice des vainqueurs » qui « exonère » certains. « Ce serait une source de violences futures »,  a prévenu le président d’honneur de la FIDH, Me Sidiki Kaba. Selon l’organisation, « il y a encore aujourd’hui en Côte d’Ivoire des exactions qui se commettent », le gouvernement  Ouattara n’ayant pas encore trouvé de solution.

Les Ivoiriens ont peur et même quand ils ont subi des exactions, ils ne peuvent se rendre dans les commissariats, qui souvent n’existent plus, ont expliqué les responsables de la FIDH. Des révélations qui contredisent la sortie dimanche sur les ondes de RFI du ministre de la sécurité de Ouattara, qui estimait que les exactions avaient cessé.

Les conseils du président Laurent Gbagbo, de son épouse, de ses parents et amis, collaborateurs politiques et militaires enlevés – séquestrés et détenus arbitrairement, ont dénoncé dimanche, le défaut de signification du décret d’assignation à résidence à leurs clients.

Leurs clients, ont-ils rapportés, « sont, soit enfermées dans des cellules infectes d’une prison poreuse aux intempéries (Bouna), soit détenues dans des locaux infestés de mambas et de moustiques (Katiola) ».

Le Président Laurent Gbagbo, qui a été capturé le 11 avril par les forces armées (Licorne, ONUCI et FRCI) soutenant Ouattara est détenu « illégalement ». Plusieurs de ses proches font aussi l’objet de « détention arbitraire » dans les villes du nord du pays. Aucun chef d’accusation n’a été, à ce jour, prononcé contre eux.