Côte d’Ivoire : « Se promener aujourd’hui avec une carte d’étudiant est un vrai suicide » (ONG)

Posted on 14 juin 2011

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ABIDJAN – L’ONG Le Mien (Mouvement ivoirien pour un éveil national) a dénoncé les exactions des Forces Républicaines de côte d’Ivoire (nouvelle armée créée par Ouattara, Président installé par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI) contre les populations, notamment les étudiants.

« Alors que (…) les étudiants ont officiellement été vidés des campus (…), leurs chambres sont actuellement occupées par des hommes en armes et tenues militaires», écrit l’organisation dans une lettre ouverte en date du 6 juin dont DirectScoop a eue copie.

Les étudiants ivoiriens paient selon l’ONG un très lourd tribut de cette situation. Hormis « l’année blanche », devenue une quasi-certitude, ceux-ci sont la cible des hommes de Ouattara. « Se promener aujourd’hui avec une carte d’étudiant est un vrai suicide », révèle l’ONG qui demande la cessation de ces actions.

Le dernier rapport de l’ONU a laissé entendre que des « crimes contre l’humanité » auraient été commis et se poursuivraient en côte d’Ivoire.

La Fédération Internationale des Droits de l’Homme avait alerté, à la suite d’Amnesty et de Human Right l’opinion internationale sur la persistance d’exactions en Côte d’Ivoire, principalement contre les partisans du Président Gbagbo.

Ces accusations avaient été rejetées par le ministre de l’intérieur de Ouattara, qui avait estimé qu’il n’y avait pas d’ « exactions à grande échelle », exigeant des « preuves » le cas échéant.

Dans son rapport rendu public le 2 juin, Human Right dénonçait des « exécutions extra-judiciaires » auxquelles auraient participé de façon active les chefs de guerre, Chérif Ousmane et Ousmane Coulibaly dit Ben Laden.

Amnesty Internationale, qui a accusé aussi les FRCI d’exactions, a estimé dans son rapport du 27 mai, que Ouattara devrait assumer « la responsabilité des actions tolérées ou commises par ses forces.

Depuis la capture du Président Laurent Gbagbo le 11 avril, les exactions contre les populations civiles et les couches socio-professionnelles jugées proches de lui, sont la cible d’une chasse aux sorcières.