Côte d’Ivoire : International Crisis Group dénonce « une justice de vainqueur »

Posted on 2 août 2011

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ABIDJAN – « Une justice de vainqueur semble se mettre en place » en Côte d’Ivoire (pays dont le Président déclaré élu par le conseil constitutionnel a été renversé avec l’aide militaire de la France mi-avril), a dénoncé mardi l’International Crisis Group, une ONG basée à Bruxelles.

L’organisation a appelé « les autorités judiciaires » du pays à « enquêter » sur tous les crimes commis dans le pays, invitant la CPI (Cour Pénale Internationale) à « se pencher sur les atrocités les plus graves depuis (le putsch raté de) 2002 ».

ICC a tenu à interpeller le pouvoir en place, sur ses responsabilités vis-à-vis de l’ex-rébellion armée.

«Si le gouvernement n’arrive pas à rétablir totalement l’ordre dans les mois à venir, et avant les élections législatives, et à prendre l’ascendant sur les commandants de zone des FN, l’autorité du nouveau président et sa crédibilité seront fortement et irrémédiablement diminuées », écrit l’ONG dans son rapport.

Plus de 100 jours après sa prise effective du pouvoir, le gouvernement d’Alassane Ouattara n’a toujours pas réussi à rétablir l’ordre, notamment au sein des forces qui lui sont fidèles. Ceux-ci sont constamment pointés du doigt tant au niveau national qu’international.

L’organisation humanitaire Amnesty International a constaté le 27 juillet que  les violences avaient augmenté depuis l’investiture d’Alassane Ouattara au gré d’une vague de représailles, insistant en particulier les exactions commises par les combattants de Ouattara.

Le Ministre de l’intérieur de Ouattara avait reconnu, non sans accuser « la guerre », la précarité de la situation.

La question sécuritaire demeure de plus en plus préoccupante en Côte d’Ivoire depuis le renversement du Président Gbagbo. Alassane Ouattara qui avait promis un retour rapide (2 mois) à une situation normale, se retrouve face à l’ « amateurisme» vivement décriée, des  Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (armée qu’il a créée en mars dernier).

Les différentes actions menées pour conduire au rétablissement d’une situation normale, notamment l’assistance d’un conseiller militaire dépêché par Paris et le voyage en France de son ministre de la sécurité, n’ont jusque-là pas donné les résultats escomptés.

Les ivoiriens sont de plus en plus préoccupés par leur sécurité, la paralysie de l’école, la chute du prix du cacao, le panier de la ménagère de plus en plus faible, les conditions d`exercice de la liberté de presse.

Quant aux prisonniers politiques, ils sont traités dans des conditions matérielles inhumaines. Une vidéo révèle le traitement humiliant infligée aux détenus de Bouna où se trouvent le fils du Président déchu, Michel Gbagbo et le chef du FPI (parti fondé par Gbagbo), Affi N’Guessan.

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