Côte d’Ivoire: « Ouattara ne tient pas parole » (Human Rights Watch)

Posted on 9 août 2011

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LONDRES – L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a accusé samedi Ouattara de ne pas tenir sa promesse de lutter contre l’impunité.

« Plutôt que de créer une armée susceptible de respecter l’Etat de droit, M Ouattara a décerné des promotions à des hommes qui étaient en des postes de commandement lorsque des atrocités étaient commises et qui devaient faire l’objet d’enquête au lieu de recevoir des récompenses », a déclaré M. Daniel Bekele, Directeur de la division Afrique de Human Rights Watch.

Pour l’organisation de défense des droits de l’homme, les dernières récompenses dans l’armée ivoirienne faites par Ouattara à ses chefs de guerres sont inacceptables.

Des chefs de la rébellion ivoirienne avaient été officiellement affectés jeudi à des unités de l’armée par Ouattara Alassane.

Issiaka Ouattara, dit « Wattao » commandant de la zone de Séguéla (centre-ouest), l’un des plus connus des « com-zone », devient commandant en second de la Garde républicaine.

Ousmane Chérif, reconnu plus proche de Ouattara, qui commandait la zone de Bouaké (centre, fief des FN), devient commandant en second du Groupe de sécurité de la présidence de la République.

Martin Fofié Kouakou devient commandant de la Compagnie territoriale de la ville de Korhogo (nord). Il est depuis 2006 sous sanctions de l’ONU, qui a notamment accusé ses forces d’ exécutions extrajudiciaires.

Ces personnalités sont accusées d’avoir commis de graves violations tant pendant le règne de la rébellion que dans la crise ivoirienne.

Selon des observateurs, les affectations décidées pour certains d’entre eux font partie d’une grande vague de promotions de la criminalité et de l’impunité par Ouattara en Côte d’Ivoire.

Plus de 100 jours après le renversement du Président Gbagbo par des forces spéciales de la France en appui aux combattants de Ouattara et de l’ONUCI, le retour à un Etat de droit demeure hypothétique.

Le Président Gbagbo et l’ensemble des prisonniers politiques sont toujours incarcérés sans aucun chef d’inculpation. Les manifestations et autres actions pacifiques se poursuivent pour demander leur libération.

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