Côte d’Ivoire : Réouverture de la prison d’Abidjan après la grande évasion orchestrée par les pro-Ouattara

Posted on 16 août 2011

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ABIDJAN – La plus grande prison civile d’Abidjan a rouvert mardi ses portes, 4 mois après la grande évasion orchestrée par les forces pro-Ouattara lors de leur entrée dans la capitale.

Le bâtiment a été rénové selon des sources officielles à hauteur de 2 milliards de francs CFA. Le Ministre de l’Intérieur d’Alassane Ouattara, Président installé avec l’aide militaire de la France, a profité de l’occasion pour une fois encore justifier la situation sécuritaire précaire qui règne dans le pays, plus de 5 mois après le renversement du Président Laurent Gbagbo.

« Nous sommes conscients que la situation aujourd’hui n`est pas très bonne. Il y a encore dans les rues d`Abidjan trop de délinquants, trop de braqueurs, souvent dissimulés dans les tenues des FRCI (Forces républicaines, nouvelle armée), et même peut-être parfois des membres des FRCI. Nous allons pouvoir aujourd’hui sévir », a-t-il avancé.

Les autorités ivoiriennes subissent de plus en plus de pressions de la part de leurs alliés occidentaux quant au rétablissement de la sécurité qui tarde à être effective en dépit des promesses et assurances de Ouattara.

L’ONUCI a avoué dans un rapport présenté en juillet devant le Conseil de Sécurité « ne pas faire confiance aux FRCI » dans le rétablissement de l’Etat de droit, les taxant d’ameuteurs.

L’organisation internationale Amnesty International avait accusé  Alassane Ouattara d’organiser de sanglantes représailles et de terroriser les ivoiriens.

Dans un rapport rendu public le 24 juillet, l’organisation avait noté une recrudescence des violations des droits de l’homme (exécutions extrajudiciaires, tortures, disparitions, viols) depuis l’enlèvement du Président Laurent Gbagbo (avril).

Plus de 100 jours après le renversement du Président Gbagbo, le retour à un État de droit demeure toujours hypothétique. Le Président Gbagbo et l’ensemble des prisonniers politiques sont toujours incarcérés sans inculpation. Les manifestations et autres actions pacifiques se poursuivent pour demander leur libération.