Côte d’Ivoire: L’ONU s’alarme de possibles abus sexuels par des casques bleus

Posted on 3 septembre 2011

151


ABIDJAN – L’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) a exprimé dans un communiqué, jeudi ses “regrets les plus profonds” face à des allégations d’exploitation et d’abus sexuels commis par des casques bleus déployés dans le pays.

“L’Onuci a récemment reçu des allégations d’exploitation et d’abus sexuels impliquant ses éléments militaires et de police basés à l’ouest du pays”, indique la même source, sans plus de précisions sur la nationalité des suspects. “Si ces allégations s’avéraient fondées, il reviendrait aux pays dont sont originaires les casques bleus de prendre les mesures appropriées à l’encontre des personnes impliquées”, poursuit l’Onuci, affirmant avoir “informé les autorités ivoiriennes”.

L’Onuci se fonde principalement sur les informations contenues dans un câble diplomatique publié par WikiLeaks.

Dans ce document, les diplomates américains racontent qu’en 2010, une ONG britannique avait effectué un sondage auprès de dix jeunes filles dans un quartier de Toulepleu. Huit avaient reconnu avoir eu des relations sexuelles avec des soldats béninois de maintien de la paix en échange de nourriture ou d’hébergement.

Pour l’association, les problèmes d’abus sexuels étaient donc massifs et insuffisamment traités. “Des entretiens avec les parents et le personnel médical de l’hôpital ont montré que les jeunes filles retournaient ensuite dans leur village et parlaient à leur camarades de leurs “petits amis”, ce qui encourageait les autres parents à envoyer leurs enfants à la recherche de quelqu’un qui leur fournirait « de la nourriture“, note le rapport.

Pour les diplomates américains, les mécanismes de contrôle n’ont pas fonctionné en raison d’un manque de moyens. Le document cite largement la responsable du programme de l’Onuci de lutte contre les abus sexuels :

“En plus de former les 8 000 civils et soldats à la prévention des abus sexuels, son bureau effectue trois visites de terrain par mois. Son bureau essaye de rendre visite à chaque bataillon au moins deux fois par déploiement. Cependant, en raison de graves problèmes d’effectifs, ce n’est pas toujours possible. Le manque de personnel a également rendu impossible le lancement, prévu en juillet 2009, d’une campagne de sensibilisation à destination du public. En revanche, l’assistance aux victimes a fait des progrès – un groupe de travail composé de représentants d’agences onusiennes, du gouvernement ivoirien et d’associations a commencé à se voir régulièrement.”